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Je vais parler longtemps,
parce que si je me tais encore, on va finir par sombrer,
et je refuse de regarder notre histoire s’effriter lentement,
comme un vieux souvenir qu’on laisse sans le garder.
Je vais parler franchement,
sans arrondir les angles, sans maquiller les faits,
parce que ton silence pèse lourd, terriblement,
et que je ne sais plus comment respirer quand tu te tais.
Tu t’éloignes doucement,
comme une ombre qui glisse au bord d’un mur glacé,
et je te regarde partir lentement,
sans comprendre pourquoi tu ne veux plus avancer.
Tu t’enfermes obstinément,
dans un monde où je n’ai plus le droit d’entrer,
et je me perds complètement,
à force de frapper à une porte que tu refuses d’ouvrir, de tenter d’oublier.
Je me fatigue lentement,
à deviner tes pensées, à traduire tes soupirs, à supporter tes colères,
et je m’abîme profondément,
à chercher dans ton regard une lueur qui pourrait encore me dire que tu veux nous retenir, que tu veux nous reconstruire, que tu veux tout refaire.
Je me perds lourdement,
dans mes propres excès, mes maladresses, mes manières de trop vouloir te protéger,
et je m’en veux violemment,
de devenir cet homme tendu, nerveux, incapable de t’aimer sans douter, incapable de t’aimer sans trembler.
Je te parle honnêtement,
parce que je ne supporte plus de marcher sur des braises pour éviter de te blesser,
et je te le dis clairement,
je ne reconnais plus la femme que j’ai aimée, celle qui riait, celle qui rêvait, celle qui savait m’écouter.
Je te parle intensément,
parce que je refuse de laisser mourir ce que nous avons mis tant d’années à bâtir,
et je te le dis violemment,
je ne veux pas devenir un étranger dans ta vie, un fantôme dans ton lit, un souvenir dans ton avenir.
Alors voilà, je déballe tout maintenant,
je renverse la table, je vide le sac, je laisse tomber les barrières,
parce que si je ne parle pas franchement,
on va finir par se quitter sans bruit, sans cris, sans lumière.
Et je ne veux pas d’un adieu glissant,
je veux un choix, un vrai, clair et entier,
je veux savoir si tu m’aimes encore vraiment,
ou si je dois apprendre à vivre sans toi, à marcher sans toi, à me relever sans toi, à continuer sans espérer.
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