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Voyages au long cours
Je ne sais où me mènent mes voyages au long cours
Que je fais si souvent le cœur à marée basse
Quand je prends un aller sans billet de retour
Pour ce pays lointain où toute vie s’efface.
A quoi bon tout larguer pour changer d’hémisphère,
Cartographier le monde avec des méridiens ;
Il faut s’y résigner, le constat est amer
Beaucoup de continents ont la guerre en commun.
Le miroir de la mer rend parfois le ciel bleu
Mais l’horizon est gris afin de lui déplaire,
Pourquoi dire au revoir alors qu’un simple adieu
Suffit à terminer ce passage sur Terre.
Etrange sensation lorsque mon cœur chavire
De sentir à nouveau que je vais perdre pied,
Dans l’attente furtive que la mer se retire
Sans que dessus le sable, mon corps soit déposé.
Les bouteilles de verre sabordent leurs messages
Et noient mes SOS au fond des océans,
Mais j’ai les yeux rivés au-delà du rivage,
Là où l’esprit divague et se perd dans le temps.
J’ai un cargo de nuit qui largue ma mémoire,
J’ai un vaisseau fantôme qui hante mon présent,
J’ai une barque bleue qui glisse sur le noir
D’un tableau de Soulages accroché au néant.
J'ai le corps des sirènes pour combler mes envies
Et leur chant envoûtant pour y noyer mes larmes,
Leur sexe de corail, leur conque d'eau bénie
Que les marins cherchaient dans le Port d'Amsterdam.
J’ai la mélancolie pour mes jours de dérive,
Un brin de nostalgie pour ne pas oublier,
Et dans mon port d’attache, balloté par l’eau vive,
L’ancre d’un bateau livre qui me tient amarré.
Claude écrit le 24 Septembre 2026
Illustration musicale :
Jacques Brel : ''Amsterdam''
https://www.youtube.com/watch?v=-Z0UGGvb4sQ&list=RD-Z0UGGvb4sQ&start_radio=1
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