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Tu as ouvert ton ventre au jour de ma naissance
Me laissant découvrir le monde autour de moi
Séparé de ton corps au son d'une ambulance
Première femme nue et mon premier émoi
Une odeur, un parfum, de la douceur, un sein
Ton lait me coule en bouche, au seul son de mes cris
Pressé près de ton corps, c'est bien là mon dessein
Où je m'endors repu au moins jusqu'à la nuit
Je me souviens aussi de mes sorties de classes
Où tu venais toujours avec mon gouter
Des gâteaux fait maison ou parfois une glace
Repartant en chantant toujours à mes côtés
Et lorsque je séchais sur une poésie
Tu m'aidais patiemment à l'apprendre par cœur
Les généraux de France ou fleuve en Malaisie
Tu voulais que sois toujours en tout meilleur
Pour aller au lycée j'ai quitté la maison
Tous les jours le métro pour aller à Paris
Tu t'inquiétais pour moi à tort ou a raison
Tu me serrai bien fort, un bisou à tout prix
Tu voulais tout savoir des instants de ma vie
Et moi je croyais que c'était l'inquisition
Je m'emportais souvent car n'avais pas envie
De répondre toujours à toutes tes questions
A l'université j'avais pris une chambre
Revenant les weekend, semaines sans révisions
L'armée nous a aussi séparé en décembre
Je ne rentrais seulement que pour mes permissions
Quand je t'ai présenté un jour ma belle blonde
J'ai bien vu dans tes yeux que tu avais compris
Qu'une autre avait mon cœur, ainsi tourne le monde
Mais tu l'a embrassée et puis tu m'as souris
Aujourd'hui quand je viens pour la fête des mères
C'est avec de l'amour et beaucoup de tendresse
Escorté par mes filles et aussi par leur mère
Que j'arrive bien vite sonner à ton adresse
Ouvrant en grand ta porte au son du carillon
Je te découvre là comme je t'ai quittée
Toujours bien habillée, les lèvres vermillon
N'attendant plus qu'un pas pour venir m'embrasser.
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