|

Le printemps a du s’installer
Au bout des rameaux verdissants,
Sur le dos des coteaux, semés
Par un vent frais mais complaisant,
Les pavots doivent grelotter...
Quelque part, en ambassadeur,
J’entends le doux chardonneret !
Dans l’air où flotte cette odeur
Bleue d’une invisible clarté,
C’est sûr, le printemps est à l’heure…
Seul mon cœur, à ce rendez-vous,
Est en retard, perdu au Nord,
Dans les brumes d’un chemin flou,
Celui d’un hiver qui le tord
Et le traîne sur les genoux.
Mais il clopine, en sanglots,
Cramponné au faible sonar,
Du chant continu de l’oiseau
Tout doux, effilant ce brouillard,
Qui le pénètre jusqu’aux os.
Et soudain jaillit, éclatant,
Le vermillon des coquelicots !
Dans cette grâce du Printemps,
Parmi les notes de l’oiseau,
Se réveille en moi l’enfant,
Sur l’herbe drue, en grand sursaut.
|