l'éveil au soir
je rêve que tu te tues
que tu me laisses tout pantelant
désemparé et abattu
des perles d'eau un brin timides
s'effilochent
et s'accrochent
au verre nu de mon globe humide
elles font en roulant
des traces de chagrin indécises
et des tonnes de liquide
c'est le grand saut
le beau plongeon
le mot de la fin de feu monsieur
comme un fils
au bout des lèvres le même souffle
planté bas au bord du gouffre
et puis les griffes
perdues au fond du précipice
pendant que déjà le premier pas
t'entraîne
t'amène à disparaître
me fait me souvenir
et revenir
aux jours heureux papier à lettre
qu'on s'amusait à mettre
en chiffon
j'te livre en vrac
les impressions
comme elles viennent
les sentiments comme un bouillon
je suis knock-out
plutôt patraque
laissé pour compte je me disloque
un peu jeté et mis à sac
sur le bas-côté de la route
l'onde de choc
m'électrocute
me rend l'estoc
paralytique
tu t'donnes la mort
entre quatre murs
quatre mètres carrés sans les poussières
qui sont dehors
extérieurs jours surtout l'amour
perdu puni sous les verrous
la fenêtre un carré un rayon
avec vue sur l'enfer
carreaux devant barreaux derrière
et la toile tendue du ciel
n'est qu'un vague cimetière
un champ de ruines dans le décor
les brouillards de mon rêve se dissipent
ils partent avec le jour
en principe
cependant que tu meurs
que tu hurles ton désespoir
vers le large
vers ces récifs tremblants
que les dernières lueurs du soir
éclairent doucement
mais c'est toi condamné détenu
le plus libre
moi je suis prisonnier
de mon impossible désir
à te voir revivre
que tu me laisses tout pantelant
désemparé et abattu
des perles d'eau un brin timides
s'effilochent
et s'accrochent
au verre nu de mon globe humide
elles font en roulant
des traces de chagrin indécises
et des tonnes de liquide
c'est le grand saut
le beau plongeon
le mot de la fin de feu monsieur
comme un fils
au bout des lèvres le même souffle
planté bas au bord du gouffre
et puis les griffes
perdues au fond du précipice
pendant que déjà le premier pas
t'entraîne
t'amène à disparaître
me fait me souvenir
et revenir
aux jours heureux papier à lettre
qu'on s'amusait à mettre
en chiffon
j'te livre en vrac
les impressions
comme elles viennent
les sentiments comme un bouillon
je suis knock-out
plutôt patraque
laissé pour compte je me disloque
un peu jeté et mis à sac
sur le bas-côté de la route
l'onde de choc
m'électrocute
me rend l'estoc
paralytique
tu t'donnes la mort
entre quatre murs
quatre mètres carrés sans les poussières
qui sont dehors
extérieurs jours surtout l'amour
perdu puni sous les verrous
la fenêtre un carré un rayon
avec vue sur l'enfer
carreaux devant barreaux derrière
et la toile tendue du ciel
n'est qu'un vague cimetière
un champ de ruines dans le décor
les brouillards de mon rêve se dissipent
ils partent avec le jour
en principe
cependant que tu meurs
que tu hurles ton désespoir
vers le large
vers ces récifs tremblants
que les dernières lueurs du soir
éclairent doucement
mais c'est toi condamné détenu
le plus libre
moi je suis prisonnier
de mon impossible désir
à te voir revivre
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3 commentaires
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 11 mars 2019 à 18:16
Un texte âpre, fait d’abysssales images qui pourraient illustrer le célèbre tableau de Munch, « le cri ».
C’est un peu baudelairien, poussé au paroxysme de ces temps modernes, de cendre et de sang.
Comme une cri qui ne s’arrête plus.
Un intérieur nuit où le cauchemar se répercutera dans l’extérieur nuit.
Celui du gouffre de notre mémoire.
Ainsi, le texte est prenant.
Tu n’as peut-être pas lu mon dernier post….dont je disais que ton précécent écrit m’avais inspiré. Une version d’un Romeo et Juliet un peu « trash » et dur, dans les quartiers de Manhattan.
Eh bien il se trouve que c’est plutôt ton poème qui collerait bien avec mn écrit.
Amicalement. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
loups85 · le mardi 12 mars 2019 à 18:33
Bravo
soilon · le vendredi 15 mars 2019 à 16:53
Merci de ta visite et de ton commentaire.
Au plaisir de te lire !
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