je ne suis pas ingrate...
mes pensées fluides,
souvent poétiques
m’abandonnent pour de longs moments
lorsque je leur ferme derrière
les Portes, les Portes*,
comme pour des païens
de la foi différente..
moi, je ne suis pas ingrate,
je sais que mes pensées
adorent m’inspirer
et je devrais les écrire
et puis les lire à haute voix
comme pour une biblique homélie
qui me puisse sauver
d’un redoutable oubli...
les Portes, les Portes
se sont fermées derrière mes pensées
comme deux ailes lasses d'errer
à travers les frontières
séparées par l’ineptie
d’un clan désuet
et lourdaud...
les pensées à moi
sont des fluides signes héraldiques
qui me rassurent
pour ne pas avoir oublié
la voix antique de mes ancêtres,
les racines
depuis lesquelles je suis issue,
lesquelles m’ont offert
l’extravagante chance
d'expérimenter la vie,
auxquelles je dois
ma vulnerable,
indéfinie existence
dans un temps amoral
à outrance...
taya
*les Portes, les Portes= signal proféré à haute voix par le sacerdoce pendant la liturgie orthodoxe pour attentionner la congrégation que depuis ce moment-là, les personnes appartenant à d’autres confessions sont invitées à sortir, car le rituel à suivre s’adresse seulement aux orthodoxes.
souvent poétiques
m’abandonnent pour de longs moments
lorsque je leur ferme derrière
les Portes, les Portes*,
comme pour des païens
de la foi différente..
moi, je ne suis pas ingrate,
je sais que mes pensées
adorent m’inspirer
et je devrais les écrire
et puis les lire à haute voix
comme pour une biblique homélie
qui me puisse sauver
d’un redoutable oubli...
les Portes, les Portes
se sont fermées derrière mes pensées
comme deux ailes lasses d'errer
à travers les frontières
séparées par l’ineptie
d’un clan désuet
et lourdaud...
les pensées à moi
sont des fluides signes héraldiques
qui me rassurent
pour ne pas avoir oublié
la voix antique de mes ancêtres,
les racines
depuis lesquelles je suis issue,
lesquelles m’ont offert
l’extravagante chance
d'expérimenter la vie,
auxquelles je dois
ma vulnerable,
indéfinie existence
dans un temps amoral
à outrance...
taya
*les Portes, les Portes= signal proféré à haute voix par le sacerdoce pendant la liturgie orthodoxe pour attentionner la congrégation que depuis ce moment-là, les personnes appartenant à d’autres confessions sont invitées à sortir, car le rituel à suivre s’adresse seulement aux orthodoxes.
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8 commentaires
henridurtal · le dimanche 4 mars 2018 à 10:56
Susan (Coquelicot ) · le dimanche 4 mars 2018 à 11:47
Tes vers sont de bien jolies pensées !
Merci pour les explications précieuses que tu nous donné, je ne connaissais pas du tout ce rituel .
Merci pour ton partage.
Bon dimanche. Amitiés poétiques. Susan.
http://www.mespoemes.net/susanchevalier
Rêveuse · le dimanche 4 mars 2018 à 13:06
bonne journée à toi, merci!
Mickaël · le dimanche 4 mars 2018 à 15:33
J'ai apprécié ce moment passé en ta compagnie Taîa.
nadège · le dimanche 4 mars 2018 à 20:01
taia · le lundi 5 mars 2018 à 08:23
La vie c'est une infinie leçon...
Naturellement j'ai mes doutes et mes résistances; j'ai justifié mon fatalisme, d'une manière mi-métaphorique, en faisant appel un peu à ma foi.
Mes résistances devant certes situations, comme "fermer les Portes" serait un geste de défense, mais parfois ça ne sert à rien; le mal s'insinue partout, même si nous l'invitons à s'en aller, il est libre, il est "amoral". Faire du bien c'est plus difficile (tant de doute, tant de soucis), tandis que le mal est insouciant, il n'a pas de conscience, il ne pense deux fois avant d'agir... Je reconnais que mes poèmes peuvent être adaptés à toute interprétation; ça c'est la mienne, mais chacun est libre d'avoir sa lecture et je crois que c'est là le privilège de l'art: elle nous fait réfléchir et l'on apprend beaucoup de choses tant sur l'auteur, que sur le lecteur. C'est une suggestion, une manière de se présenter, c'est une impression personnelle, parfois très intime, à travers laquelle nous cherchons à raconter des choses intimes, en laissant libre l'interprétation. D'ailleurs l'on est presque toujours mal compris, mal jugés, mal interprétés. Disons que mes confessions sont toujours métaphorisées; une pudeur atavique et poétique me permet de le faire. L'important est de se connaître soi-même et décider d'ouvrir ou de fermer les Portes. Je crois avoir répondu à vous tous, mais je me souhaite de ne pas apparaître "précieuse" tant moins "ridicule". C'est moi, voilà tout! Grand merci, avant tout! Bien amicalement, Taya
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 5 mars 2018 à 13:17
Oui, tu as raison de souligner que la vie est une infinie leçon. Mais chacun, par sa condition, son environnement social et son propre vécu aussi, la verra avec bien des nuances.
Pour ce qui est de la métaphore des portes, tant de questions se posent :
les a-t-on fermée nous même pour ne plus revenir en arrière ? Les a-t-on fermées pour nous, pour n'y plus revenir non plus ?
Alors, on reste avec son propre devenir.
C'est l'occasion de nous questionner, peut-être dans le sens de cette invitation que nous fait Nietzshe, que je cite souvent : "Deviens ce que tu es !".
En tout état de cause, tu n'es ni précieuse ni ridicule est t'interrogeant et en te livrant avec ce qu'il faut de pudeur.
Avec toute mon amitié, Taia.
Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
taia · le lundi 5 mars 2018 à 15:34
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