figurante sur la scène du temps ...
(il y a longtemps, mon Bucarest)
oui,
certains souvenirs
me comblent
même si j’ai la tendance
de les ignorer...
je n'aurais point pensé
m’arrêter auprès d’images
depuis longtemps archivées,
tel le voyage en tramway,
quand, pendant l’hiver,
pour aller au travail,
j’avais l’impression
de prendre le transsibérien...
combien de temps
s’est écoulé
depuis lors...
j’ai l’impression de feuilleter
un magazine
avec des photos décolorées
ou assister à la projection
d’un film de cinémathèque,
où, caduque moi-même,
je faisais, simplement,
de la figuration...
l’écho de ces moments
qui m’arrive depuis le passé,
me frappe à l'imprévu ...
peut-être
c’est, tout simplement,
un faux rêve, ou une panacée
derrière laquelle je cachais
mon mal d'être prisonnière impie
de mes utopies...
églises,
salles de spectacles
tramways,
bibliothèques, musées,
marchés,
trains, congères,
théâtres, tumulte,
conférences, poètes,
le silence d'un parc
ou celui d’un cimetière,
la saveur aigre d'un lac,
voilà des instantanés
qui courent comme le vif-argent
depuis ma mémoire
historique...
quoi dire encore
de l'athénée roumain
de celle atmosphère fabuleuse
telle un élégant temple païen...
il me semble de faire
un panégyrique
aux pacotilles
perdues à tout jamais...
alors je pensais
que toutes ces merveilles
m’appartenaient...
mainteneant,
dès que j’ouvre
mon coffre à ombres d'antan,
elles apparaissent fraîches
comme auparavant...
saisie par une intense émotion
j’attrape tous ces souvenirs
et, d'un moment à autre,
je perds tout et je m'émeus
par ce qu’il n’y a plus...
regarder en arrière
comme la pauvre femme de Loth
qui est devenue colonne de sel,
me rend amère
et je saisis dans le même instant
un passé pulvérisé
et un futur invertébré,
qui sont mon présent continuel
comme un dessein fini,
avant même d'être accompli...
je constate
que toutes les nostalgies âgés,
me donnent
la chair de poule...
je me retrouve avoir touché
l’ampoule des pompiers*
qui éclaire une toile écorchée
et un pinceau trempé
dans le godet aux couleurs extravagantes
d’un ancien soleil mourant...
taya
Ampoule qui brillerait depuis 1901. Elle serait ainsi la plus vieille ampoule encore en fonctionnement au monde. Installée dans la caserne des pompiers de Livermore en Californie, elle n'a presque jamais été éteinte.(Source: Wikipedia)
oui,
certains souvenirs
me comblent
même si j’ai la tendance
de les ignorer...
je n'aurais point pensé
m’arrêter auprès d’images
depuis longtemps archivées,
tel le voyage en tramway,
quand, pendant l’hiver,
pour aller au travail,
j’avais l’impression
de prendre le transsibérien...
combien de temps
s’est écoulé
depuis lors...
j’ai l’impression de feuilleter
un magazine
avec des photos décolorées
ou assister à la projection
d’un film de cinémathèque,
où, caduque moi-même,
je faisais, simplement,
de la figuration...
l’écho de ces moments
qui m’arrive depuis le passé,
me frappe à l'imprévu ...
peut-être
c’est, tout simplement,
un faux rêve, ou une panacée
derrière laquelle je cachais
mon mal d'être prisonnière impie
de mes utopies...
églises,
salles de spectacles
tramways,
bibliothèques, musées,
marchés,
trains, congères,
théâtres, tumulte,
conférences, poètes,
le silence d'un parc
ou celui d’un cimetière,
la saveur aigre d'un lac,
voilà des instantanés
qui courent comme le vif-argent
depuis ma mémoire
historique...
quoi dire encore
de l'athénée roumain
de celle atmosphère fabuleuse
telle un élégant temple païen...
il me semble de faire
un panégyrique
aux pacotilles
perdues à tout jamais...
alors je pensais
que toutes ces merveilles
m’appartenaient...
mainteneant,
dès que j’ouvre
mon coffre à ombres d'antan,
elles apparaissent fraîches
comme auparavant...
saisie par une intense émotion
j’attrape tous ces souvenirs
et, d'un moment à autre,
je perds tout et je m'émeus
par ce qu’il n’y a plus...
regarder en arrière
comme la pauvre femme de Loth
qui est devenue colonne de sel,
me rend amère
et je saisis dans le même instant
un passé pulvérisé
et un futur invertébré,
qui sont mon présent continuel
comme un dessein fini,
avant même d'être accompli...
je constate
que toutes les nostalgies âgés,
me donnent
la chair de poule...
je me retrouve avoir touché
l’ampoule des pompiers*
qui éclaire une toile écorchée
et un pinceau trempé
dans le godet aux couleurs extravagantes
d’un ancien soleil mourant...
taya
Ampoule qui brillerait depuis 1901. Elle serait ainsi la plus vieille ampoule encore en fonctionnement au monde. Installée dans la caserne des pompiers de Livermore en Californie, elle n'a presque jamais été éteinte.(Source: Wikipedia)
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6 commentaires
debbie · le jeudi 5 avril 2018 à 09:39
Merci de ce beau partage poétique Taya
Belle journée
Amitié
Debbie
http://www.mespoemes.net/debbie/
taia · le jeudi 5 avril 2018 à 10:14
debbie · le jeudi 5 avril 2018 à 13:16
Passe une belle journée et merci de ton partage.
Amitié
Debbie
susan* Coquelicot * · le jeudi 5 avril 2018 à 16:18
Un joli poème où l'on se promène avec toi à Bucarest ...
Des souvenirs qui sont gravés pour toujours dans ton coeur et qui je pense reviennent de plus en plus souvent …Ton pays te manque , ce qui est normal !
Beaucoup de nostalgie et de mélancolie dans ton poème que j’ai beaucoup aimé et qui me fait penser à Bratislava ou Budapest que j’ai visité, il y a 4 ans déjà !
Merci encore Taya pour ton partage poétique que j’ai apprécié.
Bel après-midi avec mon amitié poétique.
Susan
plumedefou · le vendredi 6 avril 2018 à 05:44
" Un souvenir heureux est peut-être sur terre. Plus vrai que le bonheur "
Alfred de Musset
Nostalgie, que ne ferais-je pour m'en retourner vivre en des contrées lointaines ! C'est ici dans ta poésie qu'il faut nous plonger...
Merci de cette nostalgie que vous nous faites partager !
plumedefou
taia · le vendredi 6 avril 2018 à 08:16
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