Ballade de l'âme de Paul Verlaine (Catulle MENDÈS)

Ballade de l'âme de Paul Verlaine
Bien qu'il ait l'âme sans rancune,
Pierrot dit en serrant le poing :
" Mais, sacrebleu, je n'ai nul point
De ressemblance avec la lune !
" Ô faux sosie aérien !
Mon nez s'effile, elle est camuse ;
Elle a l'air triste ! Je m'amuse
De tout, un peu, beaucoup, de rien.
" On la dit pâle ! Allons donc ! jaune !
Moi seul suis blanc comme les miss.
Elle est chaste autant qu'Artémis,
Je le suis aussi, comme un faune.
" N'importe ! Dès qu'elle a penché
Son front : " Bonsoir, Pierrot céleste ! "
Dit l'un ; un autre dit : " Ah ! peste !
" Pierrot, ce soir, a l'oeil poché. "...
Catulle MENDÈS (1841-1909)
Bien qu'il ait l'âme sans rancune,
Pierrot dit en serrant le poing :
" Mais, sacrebleu, je n'ai nul point
De ressemblance avec la lune !
" Ô faux sosie aérien !
Mon nez s'effile, elle est camuse ;
Elle a l'air triste ! Je m'amuse
De tout, un peu, beaucoup, de rien.
" On la dit pâle ! Allons donc ! jaune !
Moi seul suis blanc comme les miss.
Elle est chaste autant qu'Artémis,
Je le suis aussi, comme un faune.
" N'importe ! Dès qu'elle a penché
Son front : " Bonsoir, Pierrot céleste ! "
Dit l'un ; un autre dit : " Ah ! peste !
" Pierrot, ce soir, a l'oeil poché. "...
Catulle MENDÈS (1841-1909)
1 commentaire
salus · le samedi 29 juin 2013 à 22:07
Un très beau poème, à l'âme faune du premier rossignol de la France, merci !
Amitié,
Salus
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