La plainte d'Hyagnis ( Jean MORÉAS )

La plainte d'Hyagnis
Substance de Cybèle, ô branches, ô feuillages,
Aériens berceaux des rossignols sauvages,
L'ombre est déjà menue à vos faîtes rompus,
Languissants vous pendez et votre vert n'est plus.
Et moi je te ressemble, automnale nature,
Mélancolique bois où viendra la froidure.
Je me souviens des jours que mon jeune printemps
Ses brillantes couleurs remirait aux étangs,
Que par le doux métier que je faisais paraître
Dessus les chalumeaux,
Je contentais le coeur du laboureur champêtre
Courbé sur ses travaux.
Mais la Naïade amie, à ses bords que j'évite,
Hélas ! ne trouve plus l'empreinte de mes pieds,
Car c'est le pâle buis que mon visage imite,
Et cette triste fleur des jaunes violiers.
Chère flûte, roseaux où je gonflais ma joue,
Délices de mes doigts, ma force et ma gaîté,
Maintenant tu te plains : au vent qui le secoue
Inutile rameau que la sève a quitté.
Jean MORÉAS (1856-1910)
Substance de Cybèle, ô branches, ô feuillages,
Aériens berceaux des rossignols sauvages,
L'ombre est déjà menue à vos faîtes rompus,
Languissants vous pendez et votre vert n'est plus.
Et moi je te ressemble, automnale nature,
Mélancolique bois où viendra la froidure.
Je me souviens des jours que mon jeune printemps
Ses brillantes couleurs remirait aux étangs,
Que par le doux métier que je faisais paraître
Dessus les chalumeaux,
Je contentais le coeur du laboureur champêtre
Courbé sur ses travaux.
Mais la Naïade amie, à ses bords que j'évite,
Hélas ! ne trouve plus l'empreinte de mes pieds,
Car c'est le pâle buis que mon visage imite,
Et cette triste fleur des jaunes violiers.
Chère flûte, roseaux où je gonflais ma joue,
Délices de mes doigts, ma force et ma gaîté,
Maintenant tu te plains : au vent qui le secoue
Inutile rameau que la sève a quitté.
Jean MORÉAS (1856-1910)
2 commentaires
salus · le jeudi 13 février 2014 à 08:56
Mouai !
- Trop de "que" de "car" et de "qui",
d'ailleurs, au premier vers du second sizain, il me semble en relever un (de "que") qui devrait se dire "de" ?
A la décharge de l'auteur, et nonobstant la vilaine liaison "branches zô feuillages", la première strophe est superbe !
Salus
Collectif · le jeudi 13 février 2014 à 11:59
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