Honte ( Arthur RIMBAUD )

Honte
Tant que la lame n'aura
Pas coupé cette cervelle,
Ce paquet blanc, vert et gras,
A vapeur jamais nouvelle,
(Ah ! Lui, devrait couper son
Nez, sa lèvre, ses oreilles,
Son ventre ! et faire abandon
De ses jambes ! ô merveille !)
Mais non ; vrai, je crois que tant
Que pour sa tête la lame,
Que les cailloux pour son flanc,
Que pour ses boyaux la flamme,
N'auront pas agi, l'enfant
Gêneur, la si sotte bête,
Ne doit cesser un instant
De ruser et d'être traître,
Comme un chat des Monts-Rocheux,
D'empuantir toutes sphères !
Qu'à sa mort pourtant, ô mon Dieu !
S'élève quelque prière !
Arthur RIMBAUD (1854-1891)
Tant que la lame n'aura
Pas coupé cette cervelle,
Ce paquet blanc, vert et gras,
A vapeur jamais nouvelle,
(Ah ! Lui, devrait couper son
Nez, sa lèvre, ses oreilles,
Son ventre ! et faire abandon
De ses jambes ! ô merveille !)
Mais non ; vrai, je crois que tant
Que pour sa tête la lame,
Que les cailloux pour son flanc,
Que pour ses boyaux la flamme,
N'auront pas agi, l'enfant
Gêneur, la si sotte bête,
Ne doit cesser un instant
De ruser et d'être traître,
Comme un chat des Monts-Rocheux,
D'empuantir toutes sphères !
Qu'à sa mort pourtant, ô mon Dieu !
S'élève quelque prière !
Arthur RIMBAUD (1854-1891)
3 commentaires
salus · le lundi 17 février 2014 à 14:26
Ce texte, étrange et magnifique, dit toute la lucide désillusion d'un génie dans un corps et un esprit d'enfant...
Poème tragique, cris de douleur sans nul doute auto-biographique !
salus · le lundi 17 février 2014 à 14:30
...Noter l'apparent laisser- aller de la rime, et l'étrange octosyllabe de l'avant-dernier vers.
rivaudais · le mardi 18 février 2014 à 01:02
http://www.mespoemes.net/rivaudais
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