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Collectif

Je vois mon ombre qui s'avance de loin(Mahmoud D.)

Le lundi 29 février 2016 à 20:54, posté par COLLECTIF · auteur : Mahmoud Darwich

Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ? 

Traduit de l'arabe (Palestine) par Elias Sanbar 
127 pages 

Titre original : Limâdhâ tarakta al-hisân wahîdan 
Editeur original : Riad El-Rayyes Books Ltd, 1995 

Arles, Actes Sud, 1996 




Présentation de l'éditeur : 
C’est comme toujours, au croisement de l’expérience individuelle la plus intime et de la mémoire collective que se situe ici Mahmoud Darwich. 
Dans une poésie qui prolonge les mythes du Proche-Orient ancien mais aussi les grandes odes de l’Arabie anté-islamique pour dire l’exil, le temps suspendu, et une identité irréductible, enracinée dans la langue arabe. 




Extraits 



JE VOIS MON OMBRE QUI S’AVANCE DE LOIN 


Ainsi qu’une fenêtre, j’ouvre sur ce que je veux 
J’ouvre sur mes amis qui apportent le courrier du soir 
Du pain, du vin, quelques romans 
Et, des microsillons 

J’ouvre sur des mouettes et des camions de soldats 
Qui changent les arbres de ce lieu 

J’ouvre sur le chien de mon voisin émigré 
Il y a un an et demi, du Canada 

J’ouvre sur Abou al-Tayyib al-Mutanabbi 
Parti de Tibériade vers l’Egypte 
Sur le cheval du chant 

J’ouvre sur la rose de Perse qui grimpe 
La clôture de fer 

Ainsi qu’une fenêtre, j’ouvre sue ce que je veux 

(…) 

J’ouvre sur ma langue après deux jours 
Un peu d’absence suffit 
Et Eschyle ouvrira la porte à la paix 
Un bref discours 
Et Antoine embrasera la guerre 
Et me suffit 
La main d’une femme dans la mienne 
Pour que j’enlace ma liberté 
Et que le sac et le ressac reprennent dans mon corps 

Ainsi qu’une fenêtre, j’ouvre sur ce que je veux 

J’ouvre sur mon ombre 
Qui s’avance 
De 
Loin 

(…) 


Mahmoud Darwich 
http://mahmoud-darwich.chez-alice.fr/ 

1 commentaire

Rivaudais · le lundi 29 février 2016 à 22:34

La poésie arabe (et persanecar ce n'est aps tout à fait pareil) a produit et produit encore des chefs d'oeuvre époustouflants. J'ai la chance d'avoir un ami irakien réfugié à Rennes depuis longtemps, journaliste, professeur, interprète etc qui traduit de temps en temps de pures merveilles des auteurs arabes les plus connus. Pour ma ,part je regrette de ne pouvoir les entendre vibrer, parfois chanter, dans la langue originale. (j'en sais juste quelques mots. Non, j'en savais: j'ai oublié. Et c'était plutôt de l'arabe -et un peu de kabyle- algérien que de l'arabe littéraire ) Mais telle quelle, chaque traduction est un pur régal.

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