Arts de l'indécision (Philippe Martinez)

Jaillissements de mots, parfois gemmes foncées
D’autres fois, lunes pâles puisées tout là-bas
Au entrailles d’un cœur qui ne veut se montrer
Quand l’âme se languit, ne veut franchir le pas,
Ecartelée à vif entre deux fausses peurs.
L’indécision du Yin, le Yang pris en défaut
Reflètent donc un peu cette vive douleur
Issue d’un amour flou porté toujours plus haut.
Ils se font, se défont comme une inspiration,
Lèchent puis fuient au loin, caressent puis délaissent,
Attendant qu’une lune apporte conclusion
A cette indécision, à cette sourde apnée.
C’est comme une musique arrachée au silence
Qui descend d’une tierce et grimpe d’une quinte,
Cherchant par ces effets simuler la souffrance
Qui tenaille à tout va, qui mord et qui éreinte
Ou encore exprimer mais sans oser la dire
Cette émotion fugace et toujours créative
Qu’on refuse de vivre en s’attendant au pire.
C’est une symphonie restée contemplative,
Une noire crochée qu’on laisse s’arrondir,
La valse à mille temps qu’on laisse éterniser
Pour fuir l’instant crucial qui est en devenir,
Bafouant le crescendo, stagnant sur la portée.
Un peintre sans idée ou bien trop inspiré
Dont le pinceau hésite entre la gouache et l’huile,
Le vélin ou la toile. Il plaque quelques traits,
Dévoile quelque esquisse ou brosse quelques fils
De ce que lui ressent, de sa passion cachée.
Parti sur quelques courbes qu’il couvre de cubes,
L’aquarelle est masquée de pigments hollandais,
Rêve plein des visions de différents succubes,
Il n’a pas su trancher : la tâche de son art
Raye son chevalet, une écharde grotesque
Qui traverse son oeuvre en un vilain épar,
Barrant ainsi la porte à son oeuvre dantesque.
Philippe Martinez
D’autres fois, lunes pâles puisées tout là-bas
Au entrailles d’un cœur qui ne veut se montrer
Quand l’âme se languit, ne veut franchir le pas,
Ecartelée à vif entre deux fausses peurs.
L’indécision du Yin, le Yang pris en défaut
Reflètent donc un peu cette vive douleur
Issue d’un amour flou porté toujours plus haut.
Ils se font, se défont comme une inspiration,
Lèchent puis fuient au loin, caressent puis délaissent,
Attendant qu’une lune apporte conclusion
A cette indécision, à cette sourde apnée.
C’est comme une musique arrachée au silence
Qui descend d’une tierce et grimpe d’une quinte,
Cherchant par ces effets simuler la souffrance
Qui tenaille à tout va, qui mord et qui éreinte
Ou encore exprimer mais sans oser la dire
Cette émotion fugace et toujours créative
Qu’on refuse de vivre en s’attendant au pire.
C’est une symphonie restée contemplative,
Une noire crochée qu’on laisse s’arrondir,
La valse à mille temps qu’on laisse éterniser
Pour fuir l’instant crucial qui est en devenir,
Bafouant le crescendo, stagnant sur la portée.
Un peintre sans idée ou bien trop inspiré
Dont le pinceau hésite entre la gouache et l’huile,
Le vélin ou la toile. Il plaque quelques traits,
Dévoile quelque esquisse ou brosse quelques fils
De ce que lui ressent, de sa passion cachée.
Parti sur quelques courbes qu’il couvre de cubes,
L’aquarelle est masquée de pigments hollandais,
Rêve plein des visions de différents succubes,
Il n’a pas su trancher : la tâche de son art
Raye son chevalet, une écharde grotesque
Qui traverse son oeuvre en un vilain épar,
Barrant ainsi la porte à son oeuvre dantesque.
Philippe Martinez
3 commentaires
Claude · le lundi 31 octobre 2016 à 22:41
poétique qui vaut son pesant d' or.
J' ai bien aimé ce patchwork créatif qui fait allusion aux mots, à la musique, à la peinture .
Une poésie qui à mon " sens " ( puisque l' on parle de l' art de l' indécision ) va dans le bon sens.
Très agréable à lire et très subtil aussi d' avoir choisi ces sujets pour traiter de ce fléau mental car je suis bien placé pour le dire. Etant perso quelque un d' indécis, ce poème m' a vraiment interpellé.
Merci de nous l' avoir posté
claude · le lundi 31 octobre 2016 à 22:46
Pour un mec comme moi qui fait de la rando, ça la fout mal quand même de ne plus savoir où il en est.
Mais comme le titre du poème l' indique, l' indécision étant un art, je suis au moins assuré d' être un artiste.
Collectif · le mardi 1 novembre 2016 à 08:08
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