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Collectif

Entre les vagues hautes ... (Marie LT)

Le vendredi 9 décembre 2016 à 18:48, posté par COLLECTIF · auteur : Marie LT

Illustration du poème « Entre les vagues hautes ... (Marie LT) »
Entre les vagues hautes et puis les vagues basses 



Un peu plus pâles, 
Au bleu pali, talés de gris, 
Ces yeux étal, 
Vallées ourlées, courbées de nuit. 
Un peu plus voile, 
Aux pâles flammes de l'oubli, 
Opale femme à l’endormi. 

Un peu froissées, 
Ces paupières grises d’anciennes pluies, 
Rideaux tissés de soie jaunie, de soi bleui, 
Un peu plissés 
Sur deux prunelles, encore serties 
De rides d’eau givrées de vie. 

Que pense t-il ce regard miel ? 
Que panse t-il, fouillant le ciel 
De son immense 
Tout en silence ? 
Rêve t-il encore, mouillé de sel, 
Trempé de neige et de nuages, 
Au temps d’avec, au temps d’avant, 
Où se mêlait, un peu sauvage, 
L’éclat d’aimer à chaque instant ? 

Un peu plus frêle, 
La femme belle, 
Aux cils lents, aux longs silences, aux longues nuits, 
Evanouie, aux blonds sillons des ans blanchis. 
Que cherche t-elle 
Dans son ailleurs, entre deux îles, 
Presque immobile, 
Au suspendu, des lieux, des cieux sans vent ? 
Comme éperdus, les yeux troublants, 
Tremblent, brillants, 
Semblant brûler à l’océan tous ses secrets, 
Entrelacés, 
Entre les vagues hautes et puis les vagues basses, 
Des rives bleues, des rêves creux, des rides éparses 
Des rires vrais. 

Au pâle hiver, 
Si belle pourtant, 
La femme opale, 
S’écoule, douce, entre les filets d’eau glacés 
Des coulisses du temps. 
Elle dit sans mots, dans la nuance de ses bleutés, 
Elle dit toujours : 
L’absence aux reflets lourds 
L’offense flétrie des jours 
L’enfance et puis l’amour. 

Un courant d’air, 
Aux « bleus » des yeux, 
Un peu « pluvieux », 
S’immisce, lisse, dans la corbeille de solitude. 
Au flot des yeux, 
S’éveille alors, en certitude, 
Le regard clair, 
A moitié eau, à moitié air, 
Qui dit sans mot, qui dit la terre, qui vit la mer, 
Où luit diaphane, 
L’opale femme, 
Lueur de l’âme. 


Marie L.T

1 commentaire

rivaudais · le vendredi 9 décembre 2016 à 22:38

Je trouve qu'il y a du Renée Vivien (la talentueuse et méconnue René dans c e texte tès beau. Mais aussi du Cécile Sauvage. Et encore du Beaudelaire (je ne sais pourquoi). Plus bien sûr quelque chose de l'âme de ces femmes poètes et chanteuses -les meilleures d'entre-elles- qui savent nous émouvoir à travers leurs compositions.

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