Etre (Christian-Erwin Andersen)
Je suis entré en moi
Sans un bruit dans mon tumulte
Pas un cri du bois
Pas un grincement du pêne
Rien
A peine le crissement d'une larme
Sur le désert d'une joue
J'ai poussé le verrou
Comme on passe la main
Sur un front moite
Ou sur un ventre chaud
Et la poigne qui me serrait le cou
A relaché son étreinte
Le grabat rouge de ma peau
Me tendait les bras
Et dans un râle de vague
Sur le cimetière d'une plage
Je m'y suis étendu
J'avais payé mon dû
J'ai fermé les yeux
Et aux horizons de ma rétine
Tout a vacillé
Le soleil de ma nuit interne
M'a mordu les paupières
Insensiblement le galop furieux
Des jours des soirs des nuits
S'est estompé
Mille hennissements l'ont salué
Là-bas ciel et terre
S'accouplaient sauvagement
Dans la gouttière oxydée
De mes artères
Le sang s'est remis à couler
A longs glouglous
Au rythme de ma respiration
Se commet l'assassinat
Inlassablement répété
De l'oxygène
Des armées en déroute
Refluent dans mes veines
Mon sang charrie des cadavres
Les électrons même
Ont déposé les armes
Brisé les fusils
Signé l'ignoble trêve
Et aux créneaux de la citadelle
Ne se dressent plus
Que de sombres déclins
Tandis que
Dans mon poing crispé
S'apaise
La brûlure du poignard
Qu'insidieusement l'on m'a glissé
En me disant :
La vie
*
Autour du sel...
Autour du sel où tout converge
Fourmi dans l'infra comme l'ultra
Violet en violence
Pavot si flanqué de bleuets
Je suis l'homme nu imbécile zonard
Des banlieues rouges de geiger
Cillant oscillant
Angstroem sur échelle d'angoisse
Plus obstiné vers le sel
Qu'aiguilles de carthage
Perdues dans le commerce des boussoles
Et comptoirs d'afrique
Le nilotique au fer de lance pointé
Venu d'où cliquetaient les sémaphores
Des aiguillages du froid
Scellé hors notaire comme ciel de plomb
Pour le testament attesté du vide
Où tout enfin s'entend
Qui se fond brasse et remoule
Sans plainte plan ni demande
Barbare à barbe de lichen et sanie de jours
Dans la saumure des mains
Sans râge âge ni plaisir en cécité des murs
Dément sourd en la ville
Torve jusqu'à l'os des premiers trépans
Et la douleur des opérés
Like a wire in my skin oder nichts
Aber immer arriba ja
Christian-Erwin Andersen
http://poesie.webnet.fr/vospoemes/1081/liste.html
Sans un bruit dans mon tumulte
Pas un cri du bois
Pas un grincement du pêne
Rien
A peine le crissement d'une larme
Sur le désert d'une joue
J'ai poussé le verrou
Comme on passe la main
Sur un front moite
Ou sur un ventre chaud
Et la poigne qui me serrait le cou
A relaché son étreinte
Le grabat rouge de ma peau
Me tendait les bras
Et dans un râle de vague
Sur le cimetière d'une plage
Je m'y suis étendu
J'avais payé mon dû
J'ai fermé les yeux
Et aux horizons de ma rétine
Tout a vacillé
Le soleil de ma nuit interne
M'a mordu les paupières
Insensiblement le galop furieux
Des jours des soirs des nuits
S'est estompé
Mille hennissements l'ont salué
Là-bas ciel et terre
S'accouplaient sauvagement
Dans la gouttière oxydée
De mes artères
Le sang s'est remis à couler
A longs glouglous
Au rythme de ma respiration
Se commet l'assassinat
Inlassablement répété
De l'oxygène
Des armées en déroute
Refluent dans mes veines
Mon sang charrie des cadavres
Les électrons même
Ont déposé les armes
Brisé les fusils
Signé l'ignoble trêve
Et aux créneaux de la citadelle
Ne se dressent plus
Que de sombres déclins
Tandis que
Dans mon poing crispé
S'apaise
La brûlure du poignard
Qu'insidieusement l'on m'a glissé
En me disant :
La vie
*
Autour du sel...
Autour du sel où tout converge
Fourmi dans l'infra comme l'ultra
Violet en violence
Pavot si flanqué de bleuets
Je suis l'homme nu imbécile zonard
Des banlieues rouges de geiger
Cillant oscillant
Angstroem sur échelle d'angoisse
Plus obstiné vers le sel
Qu'aiguilles de carthage
Perdues dans le commerce des boussoles
Et comptoirs d'afrique
Le nilotique au fer de lance pointé
Venu d'où cliquetaient les sémaphores
Des aiguillages du froid
Scellé hors notaire comme ciel de plomb
Pour le testament attesté du vide
Où tout enfin s'entend
Qui se fond brasse et remoule
Sans plainte plan ni demande
Barbare à barbe de lichen et sanie de jours
Dans la saumure des mains
Sans râge âge ni plaisir en cécité des murs
Dément sourd en la ville
Torve jusqu'à l'os des premiers trépans
Et la douleur des opérés
Like a wire in my skin oder nichts
Aber immer arriba ja
Christian-Erwin Andersen
http://poesie.webnet.fr/vospoemes/1081/liste.html
5 commentaires
catherine · le mardi 5 février 2008 à 16:08
Dago laborel (rivages et tombants) · le mardi 5 février 2008 à 16:58
christian erwin andersen · le mardi 8 avril 2008 à 12:19
andersen · le mardi 8 avril 2008 à 12:23
Collectif · le mardi 8 avril 2008 à 14:42
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