Île du temps : Le livre

Le livre
Immobiles sapins dans leur gangue de brume,
Le jour aucun soleil et la nuit pas de lune ;
Parfois une voix qui me dit "je t’aimais" ;
Comme ils est long le temps, comme il est loin l’été !
Un oiseau picorait ce matin dans ma terre,
J’aurais dû le chasser, cause de grippe aviaire ;
Je lui ai dit merci d’avoir choisi ce sol
Pour une courte escale au milieu de ton vol.
Toi tu sais où tu vas, raconte-moi ta mer,
Dis-moi où est le sud, je t’accompagnerai,
Si je savais l’amour, comme toi volerais
Et je n’aurais plus peur de partir au désert.
Je n’ai plus d’histoire, j’ai dû vivre pourtant !
Le temps s’est arrêté comme cesse le vent,
Le vent m’a emporté jusqu’au pays d’ébène,
Pays de mortes joies et de vivantes peines.
Aussi loin que je voie, il y a de la brume ;
Attachés à mes pas, seulement des fantômes ;
Le jour aucun soleil et la nuit, pas de lune ;
Le silence a vaincu même le cri des hommes.
Je crois bien que vieillir signifie ne connaître
Que l’envie sans espoir d’être un enfant à naître,
Avec devant ses yeux le livre de la vie,
Celui que l’on a lu ... mais qu’on n’a pas écrit.
***
Immobiles sapins dans leur gangue de brume,
Le jour aucun soleil et la nuit pas de lune ;
Parfois une voix qui me dit "je t’aimais" ;
Comme ils est long le temps, comme il est loin l’été !
Un oiseau picorait ce matin dans ma terre,
J’aurais dû le chasser, cause de grippe aviaire ;
Je lui ai dit merci d’avoir choisi ce sol
Pour une courte escale au milieu de ton vol.
Toi tu sais où tu vas, raconte-moi ta mer,
Dis-moi où est le sud, je t’accompagnerai,
Si je savais l’amour, comme toi volerais
Et je n’aurais plus peur de partir au désert.
Je n’ai plus d’histoire, j’ai dû vivre pourtant !
Le temps s’est arrêté comme cesse le vent,
Le vent m’a emporté jusqu’au pays d’ébène,
Pays de mortes joies et de vivantes peines.
Aussi loin que je voie, il y a de la brume ;
Attachés à mes pas, seulement des fantômes ;
Le jour aucun soleil et la nuit, pas de lune ;
Le silence a vaincu même le cri des hommes.
Je crois bien que vieillir signifie ne connaître
Que l’envie sans espoir d’être un enfant à naître,
Avec devant ses yeux le livre de la vie,
Celui que l’on a lu ... mais qu’on n’a pas écrit.
***
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4 commentaires
palissade · le jeudi 23 février 2006 à 16:14
Théo · le jeudi 23 février 2006 à 23:41
Intemporelle · le vendredi 24 février 2006 à 00:23
Théo · le samedi 25 février 2006 à 22:09
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