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L'archipel de Théo : Les Mots des Îles

Île du rêve : AUBE

Le vendredi 24 mars 2006 à 17:13, posté par theo ou jihem · 609 lectures

Illustration du poème « Île du rêve : AUBE »
Aube

Musique : http://www.fileupyours.com/files/37487/largo.mid


La lumière de l'aube au flanc de ma montagne
Trouve un cerf à genoux dont la vie s'exténue
Car sa biche est partie, laissant la forêt nue.

Une brume ténue comme une douleur stagne
Sur les eaux et les coeurs, c'est ton nom sur mes lèvres ;
Ton visage ô douceur, la folie de ma fièvre.

A l’entour du grand fleuve iront femmes en pagne
Et le printemps me gagne en mon corps déserté,
Quand saigne ma blessure où ton glaive a porté.

Brûlure du soleil qui n’éclaire qu’une ombre ;
Qui dessine en rayons de ma vie tout le sombre ;
Et décime l’amour ; qui sépare du monde.

A l’entour du grand fleuve iront femmes en pagne
Pour chercher le rameur dont elles seront compagnes,
Pour pêcher leur amour parmi les crocodiles.

Et ferré d’un regard, ainsi naîtra l’idylle ;
A l’hameçon d’un sein de galbe élyséen,
Et froid tout aussi bien, écherra un destin.

Le cerf réfléchit l’aube au fier de sa ramure
Et l’espoir de la biche et que la vie perdure,
Eclate en un brame qui ébranle l’éther.

A l’entour du grand fleuve, il n’y a pas de cerf,
Ni de femme en pagne pour m’être une compagne,
Juste un lambeau de rêve au flanc de la montagne.

Ainsi l’aube nous trouve accroupis dans nos rêves
Assombris de la nuit qui retombe sans trêve
Et criant le désert qui dépeuple le monde.

Car l’on est singulier, simple partie du nombre,
Un nom sur une porte en une impasse sombre.
On y attend passer les jumelles douleurs

De naître et de mourir, d’aimer et de souffrir.


2004 / mars 2006


***
Note : 9/10 (1 vote) · connectez-vous pour noter

5 commentaires

Intemporelle · le vendredi 24 mars 2006 à 22:01

Quand le désert avance ! Quand la nuit recouvre de plus en plus le jour ! Parfois les aubes ne sont pas aussi claires qu'on le souhaiterait et on s'interroge, on devrait s'interroger ! Ce qui ôte en rien la douleur du partir, la douleur du mourir, la douleur d'aimer et toujours les mêmes cris que l'on aime, que l'on souffre ou que l'on meurt ! Un texte un peu difficile à suivre pour moi mais tu as bien réussi à retranscrire le flou, le gris, les instants entre le clair et l'obscur.. bravo ;-)

Intemporelle · le vendredi 24 mars 2006 à 22:02

Rectif : Ce qui n'ôte en rien !

Théo · le vendredi 24 mars 2006 à 23:43

disons que le texte suit les méandres du rêve ... Et il a été écrit en deux fois, à près de deux ans d'intervalle ... Sans que rien n'ait changé entre temps d'ailleurs :)) Merci de ton passage dans mon rêve flou, Intemporelle :)

Kri7 · le mercredi 19 avril 2006 à 18:57

Purrée...vite un mouchoir!!!

Théo · le jeudi 20 avril 2006 à 23:10

Bienvenu(e) Kri7, mais ne pas pleurer, non !

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