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Aux bords de tes yeux

Le vieil homme, le voleur et le livre.

Le dimanche 13 août 2006 à 00:19, posté par Vincent

Illustration du poème « Le vieil homme, le voleur et le livre. »
Le vieil homme, le voleur et le livre.

Dans une contrée lointaine, en des temps passés,
Vivait un vieil homme à l’allure humble et le dos voûté.
Il semblait ne pas avoir d’age,
Mais ses rides comptaient les couchers de soleil.
Il portait un manteau de laine et de vieilles sandales,
Que les saisons avaient tanné, en un cuir dur et pale.
Ne disposant en autres merveilles,
Que d’un bâton de marche et un livre écorné.

Il en était ainsi depuis la fin de son premier sommeil.
Chaque matin, le vent lui annonçait son réveil.
Il tournait alors, une page de son livre,
Déplaçant l’épi de blé, lui servant de repère.
Une fois cela fait, il continuait sa visite de la terre.
En chemin, contre de l’eau et quelques vivres,
Il racontait ses rêves ou entrait la moisson.
Faisant des rires d’enfants, une nouvelle chanson.

Sur une colline boisée, aux sentiers poussiéreux,
Prés d’un ruisseau au doux chant mélodieux,
Il s’était allongé, prenant un peu de repos.
Le silence des oiseaux, fut pour lui son alarme,
Ouvrant les yeux, il ne vit que cette arme,
Pointé sur lui, par un mécréant, « un pas beau » !
- Que me veux- tu, mon ami ?
- Je n’ai ni pierres, ni bijoux, ni or !
- Il t’a joué un tour, ce coquin de sort !
- Met ta lame au fourreau, l’ami !

Surpris, par tant d’audace,
Il ne lui fallait pas perdre la face.
Saisissant le livre qu voyageur,
Il en tirera quelques sous, ailleurs.
Mais le manant, manqua de s’étouffer
Regardant les pages feuilletées.
Pas un signe, aucunes lettres, aucuns mots.
Blanches comme un linceul, recto, verso !

- Mais, qu’est ce livre ou rien n’est écrit ?

- C’est celui de l’infini, celui de la vie,
- Ou chaque page tournée, ne peut être changée

- Pourquoi un épi de blé ?
- Comme le livre, il naît de la main de l’homme et nourrit l’humanité.
- Tu peux le voir, il ne me reste que peu de pages
- Voilà le tien, tu n’en es qu’au premier chapitre,
- Et le blé est encore vert.

A chacun son livre, à chacun ses rêves, mais à tous l’humanité.




Vincent



« La Sagesse, c’est apprendre le temps ! » ( Le Vénérable)

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5 commentaires

... · le dimanche 13 août 2006 à 11:28

Quelle merveilleuse histoire, de celles qui traversent les temps de nos premiers pas aux derniers ! C'est époutousflant tellement tu as un GRAND talent ! Continue de nous émerveillé...

catherine 02 · le dimanche 13 août 2006 à 11:51

Nous avons chacun notre livre, plus ou moins épais. Les pages blanches sont celles du passé, l'histoire que l'on ne pourra pas réécrire. Que nous ont elles appris ? Les autres, celles de demain, que vont elle nous apprendre ? Questions existentielles. Chacun a sa propre histoire, mais tous ensemble nous écrivons le livre de l’humanité. Je salue ici ton énorme talent. Bravo encore pour tes mots. Amitiés.

paulette · le dimanche 13 août 2006 à 18:41

Très jolie et merveilleuse histoire vincent. Bravo;amitiés à toi l'ami ;paulette

Marie (Battementsd'elle) · le dimanche 13 août 2006 à 22:12

beaucoup de "sagesse" dans ce petit "conte" bien joliement narré : des enseignements à en tirer ..

Lionel · le lundi 14 août 2006 à 18:12

Une belle leçon d'humilité et d'humanité ! Chaque page blanche, restant à remplir, est à elle seule une promesse, une surprise, une naissance.

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