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Aux bords de tes yeux

La Grande Maison.

Le dimanche 1 avril 2007 à 22:00, posté par Vincent

Illustration du poème « La Grande Maison. »
« Ne demander pas aux enfants d’aimer. Laisser les s’aimer ! »
Le Vénérable


La Grande Maison.

J’ai mis dans un vieux sac,
Quelques souvenirs en vrac,
Des larmes oubliées,
Une chemise chiffonnée.
Un ou deux cahiers,
Des crayons d’écolier.

Elle est belle cette journée.
Je flâne, un peu dans l’allée
Où, tant de jeux résonnent.
Les vieux chênes frissonnent,
Ils savent, désormais,
Que même le silence, va les oublier.
Plus rien ne bouge ! Figé dans l’instant !
De peur que le passé s’éparpille.
Aurais- je le courage,
De fermer cette lourde grille,
Comme on tourne une page,
D’un étrange roman,
Commençant par le mot « Fin » ?
La pluie glisse sur le trottoir.
Perdu dans mon histoire,
Je m’éloigne, laissant les vieilles pierres grises,
Disparaître, comme soumises,
Aux rires, aux larmes d’un autre temps,
Au soleil fatigué d’un ancien printemps.

J’ai mis dans un vieux sac,
Quelques souvenirs en vrac,
Un été aux couleurs nouvelles,
Un mouchoir de dentelles,
Des poèmes et des mots,
Noyés dans une flaque d’eau.

Elle était belle cette journée,
Quant au portail, je te vis.
Du haut mes douze ans,
Je me sentis, soudain si petit.
Que ne fus-j’inquiet, de me voir si tremblant !
Incapable de comprendre ce nouveau sentiment.
Peu importe, cela était si doux, si bon !
Que jamais, je n’en demanderai pardon.
Tu passas prés de moi, à me frôler,
Esquissant un sourire, sans oser me regarder.
Tu étais inaccessible, fragile,
Et moi idiot, avec mon sac de billes.
Te dirigeant vers la Grande Maison,
Je compris qu’il faudrait attendre bien des saisons.
Un jeu s’installa alors,
Et cela, dés l’aurore.
Ce que mon cœur rêvait le soir,
Ce tendre et secret espoir,
Te voir !
J‘allais, dés le matin, de taillis en futée,
Piétinant roses et genets,
Cherchant un sentier,
Remontant une allée,
Fourbu, me donnant de la peine,
Pour le sourire d’une reine.

J’ai mis dans un vieux sac,
Quelques souvenirs en vrac,
Des genoux écorchés,
Des fleurs séchées
Un voyage au long court,
Et quelques mots d’amour.

Vincent

( Photo : Le Domaine de la Barre )

http://www.mespoemes.net/vs591/
http://www.copyrightdepot.com/rep71/00038349.htm

6 commentaires

Ivydall · le dimanche 1 avril 2007 à 23:46

Souvenirs! Souvenirs! On aurait bien continuer le voyage! Amitié Ivydall

... · le lundi 2 avril 2007 à 01:45

Un joli monde aux couleurs des souvenirs, aux senteurs de l'enfance, un monde tout en tendresse, si fragile et si doux... Une belle histoire au goût d'innocence et légère comme un rêve... On se prend une envie de gourmandise et au dernier mot, on a un goût de trop peu... Des mots à croquer encore et encore ! Bravo !

Bliss · le lundi 2 avril 2007 à 10:36

"Jeunesse. Cette merveilleuse époque de l'éveil du coeur, époque décisive où, sous toutes ses formes, l'amour prend le sens même de la vie..." Ce n'est pas de moi!loll Pardon , le nom de cette maxime ,m'échappe......Comme toujours ,j'ai adoré!!! Comment faites- vous poue ecrire ainsi....Moi, je ne connais que l'ecriture automatique......Bonne journée!Kissous!

kat02 · le lundi 2 avril 2007 à 13:11

Cette maison symbole de tant de souvenirs.... heureux, c'est tout un pan de ton histoire en quelque sorte. L'innocence, les jeux de l'enfance, les premiers émois. Même les arbres semblent attristés par ce départ "obligé" , s'ils pouvaient parler, ils te diraient sûrement de ne pas avoir le " courage " de fermer cette grille, et de ne jamais tourner la page, avec le mot " fin "... Encore un trés beau poème. Bisous Vincent.

Taj · le mardi 3 avril 2007 à 21:20

Salut Vincent! Ta maison ets grande et hospitalière! A bientôt je serai dans le coin! L'Ami!

Marie (Battementsd'elle) · le jeudi 5 avril 2007 à 14:48

J'aime bien ton vieux sac, Vincent ;-)) ! Bises à toi. Marie.

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