La lectrice
Ancien poéme revu .
La lectrice.
Assise, non loin,
Elle prit un grand soin,
Au choix de sa table.
Un peu en retrait, sans être sur le sable,
A la recherche de la meilleure lumière,
Elle se posa à l’abri du lierre.
Elle évoluait, comme seule,
Affranchie des éclats de voix,
Des rires, des coups de gueule.
Les cheveux bouclés, le visage rond,
Au cou une petite croix,
Sa robe légère aux fines bretelles,
Aux fleurs dessinées, couleurs pastelles,
Avait la discrète élégance,
D’une femme en transparence.
Elle tournait les pages,
D’un volumineux ouvrage,
Le tenant comme un livre pieux,
D’un geste simple et gracieux.
Sur le chemin de l’intrigue,
Son visage s’éclairait de mots en ligue,
Grappes de phrases échangées,
Donnant à ses yeux d’étranges reflets.
Son regard naviguait de tribord à bâbord,
Chaque lettre se devinant en son décor.
Les unes tendres et romantiques,
Les autres dures et squelettiques.
Elle les assemblait pour en tirer l’essence,
Le cœur de l’histoire faisant vibrer ses sens.
Il en allait de même de ses mains.
La caresse lente de la feuille satin,
Alternait, sans autre forme de procès,
Avec l’entaille nerveuse du haut de feuillet.
Il faut, sans doute, y voir
De l’autre coté de l’écritoire,
Un fâcheux désaccord
Ou un tendre corps à corps.
Sa bouche était alors, un précieux indice.
La forme de ses lèvres, pain d’épices,
Attestant des émotions en cours.
J’entrepris, mes mots abandonnés,
De les décoder, sans forcer son intimité.
Un sourire petit et sourd,
Laissait entendre un contentement.
Plus largement déployé,
Aux bruits de gorge suspects,
Donnait tort ou raison à l’écrivain,
Lui ôtant, presque, la plume de la main.
Un pincement, plus ou moins prolongé, de la lèvre supérieur,
Indiquait un niveau de frayeur.
Enfin, la bouche béate, suivi d’un petit spasme,
Cheminait la lectrice vers un curieux orgasme.
J’aurai aimé,
Plus longuement l’observer.
Partager quelques mots,
Autour d’un chocolat chaud.
Être un instant, l’artisan d’une toile
Ou deux peintres sans noms,
Posent leurs couleurs entre deux étoiles.
Mais, comme inquiète,
Elle finit sa boisson,
Ferma son livre abimé,
Le glissa, soigneusement dans sa serviette,
Puis, disparue,
Au coin de la rue !
Vincent
http://lesyeuxclos.fr
La lectrice.
Assise, non loin,
Elle prit un grand soin,
Au choix de sa table.
Un peu en retrait, sans être sur le sable,
A la recherche de la meilleure lumière,
Elle se posa à l’abri du lierre.
Elle évoluait, comme seule,
Affranchie des éclats de voix,
Des rires, des coups de gueule.
Les cheveux bouclés, le visage rond,
Au cou une petite croix,
Sa robe légère aux fines bretelles,
Aux fleurs dessinées, couleurs pastelles,
Avait la discrète élégance,
D’une femme en transparence.
Elle tournait les pages,
D’un volumineux ouvrage,
Le tenant comme un livre pieux,
D’un geste simple et gracieux.
Sur le chemin de l’intrigue,
Son visage s’éclairait de mots en ligue,
Grappes de phrases échangées,
Donnant à ses yeux d’étranges reflets.
Son regard naviguait de tribord à bâbord,
Chaque lettre se devinant en son décor.
Les unes tendres et romantiques,
Les autres dures et squelettiques.
Elle les assemblait pour en tirer l’essence,
Le cœur de l’histoire faisant vibrer ses sens.
Il en allait de même de ses mains.
La caresse lente de la feuille satin,
Alternait, sans autre forme de procès,
Avec l’entaille nerveuse du haut de feuillet.
Il faut, sans doute, y voir
De l’autre coté de l’écritoire,
Un fâcheux désaccord
Ou un tendre corps à corps.
Sa bouche était alors, un précieux indice.
La forme de ses lèvres, pain d’épices,
Attestant des émotions en cours.
J’entrepris, mes mots abandonnés,
De les décoder, sans forcer son intimité.
Un sourire petit et sourd,
Laissait entendre un contentement.
Plus largement déployé,
Aux bruits de gorge suspects,
Donnait tort ou raison à l’écrivain,
Lui ôtant, presque, la plume de la main.
Un pincement, plus ou moins prolongé, de la lèvre supérieur,
Indiquait un niveau de frayeur.
Enfin, la bouche béate, suivi d’un petit spasme,
Cheminait la lectrice vers un curieux orgasme.
J’aurai aimé,
Plus longuement l’observer.
Partager quelques mots,
Autour d’un chocolat chaud.
Être un instant, l’artisan d’une toile
Ou deux peintres sans noms,
Posent leurs couleurs entre deux étoiles.
Mais, comme inquiète,
Elle finit sa boisson,
Ferma son livre abimé,
Le glissa, soigneusement dans sa serviette,
Puis, disparue,
Au coin de la rue !
Vincent
http://lesyeuxclos.fr
5 commentaires
domidom · le vendredi 17 décembre 2010 à 13:25
Réel ou imaginaire, cet écrit est une merveille, merci pour cet agréable partage cher Vincent....
Au plaisir de te lire...
http://www.mespoemes.net/domidom
imparfaitlibre · le vendredi 17 décembre 2010 à 20:27
Bon week-end cher Vincent.--
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
Loïc · le vendredi 17 décembre 2010 à 20:45
Amitiés
orbel · le samedi 18 décembre 2010 à 04:31
Superbe
Amitié
vesta · le samedi 18 décembre 2010 à 10:07
Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.