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Eupalinos

La femme aux colliers

Le vendredi 12 juillet 2013 à 19:31, posté par Jacques · 540 lectures

Pour qui sont ces bijoux qui flottent sur les limbes ?
Ces plis secrets portés, par quelque messager
Discret, vers un amant, sauvage et passager,
Que l’éclat d’ambre chaud doucement son œil nimbe ?

Entre les seins palpite apaisée la palombe,
Promesse d’un baiser, attente d’un soupir
Autour du cou nouées, comme un premier respir,
Quand le fruit encor dort dans le profond des lombes.

Ces fruits, dans ce berceau, n’attendent plus la sève ;
De douceur et tendresse, ils sont le nid perdu
Des premiers temps dont l’homme, en son las éveil, rêve !

Ils supportent l’anneau, autour du cou pendu,
Infatigables caryatides qui défient
L’usure des serments qui se croient infinis…

5 commentaires

salus · le vendredi 12 juillet 2013 à 20:02

----
Superbe !
et plein d'une littérature digérée...
Votre style est parfait -"en son las éveil rêve",
J'adore !
J'y décèle une pointe d'humour ?
Bravo !
Salus

Michel (Signes de Vie) · le vendredi 12 juillet 2013 à 21:21

Bien Jim, voilà là ta griffe que je reconnais entre toutes ;)
Plaisir à te lire.
Amitié

rivaudais · le vendredi 12 juillet 2013 à 22:02

Beaucoup de libertés prises avec la prosodie pour ce sonnet (Le sonnet , en principe, exige un respect plutôt strict des règles classiques. Mais cela ne m dérange pas personnellement. Au contraire j'apprécie quand l'audace se met au service de la poésie. Et ici, il s'agit bien de poésie.

eleusis · le vendredi 12 juillet 2013 à 22:20

----très beau.
http://www.mespoemes.net/eleusis

Jim · le dimanche 21 juillet 2013 à 01:16

Dès les contemporains de la Pléiade, des libertés étaient prises vis-à-vis du sonnet marotique, amélioré par Ronsard. Le pouet-pouet ne doit-il pas être plus licencieux que canonique ?

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