Nous étions quelques bons amis
Nous étions quelques bons amis à vouloir transformer le monde
Rien ne devait nous résister la force naît de la jeunesse
Nous ignorions tout du présent Elle était là notre faiblesse
Mais dans la mer de l’avenir nous étions sonde profonde
On nous disait de nous garder du vent de la nécessité
Il nous a tous disséminés Ô feuilles mortes avant l’âge
Les poussières du quotidien nous accablent de cécité
De la victoire notre espoir serait-ce déjà le naufrage
Chacun devient selon son temps tous les jours un peu moins naïf
Et du jardin à déboiser nous n’avons plus la souvenance
L’épaisseur de ce que je suis a étouffé de mon enfance
Le rêve sûr d’un monde pur où l’unique arme est un canif
Tourner la page de mémoire et conserver science des pleurs
Parmi nous se promène encor l’ombre d’Orwell A nous d’écrire
Ce que sera un monde enfin débarrassé des Big Brothers
Mais n’avons-nous pas déjà vu l’acte d’aimer prêter à rire
C’est la saison du renouveau A la télé ils l’annoncèrent
Et voici changée la télé Du renouveau c’est la chanson
Dans le jardin accoutumé où jouaient filles et garçons
La chèvre vient remplacer l’âne Elle a bouleversé la terre
Qu’est le poème devenu à la bouche du torturé
Une ville aujourd’hui est morte quelque part dans le Viet Nam
Dorment les hommes Seuls les organismes s’essaient à durer
Car les doigts rouges de la paix n’ont plus de corps et n’ont plus d’âme
Dans ce jardin où promener est le long rêve de l’ennui
Dans ce jardin ce sont les arbres qui décident de l’autan
Affolement et ignorance meuvent les hommes d’autant
Que plus agitées sont les ombres plus obscure est notre nuit
Chante ce vers en ma mémoire où le jour est couleur d’orange
Et si vivent les sauterelles ce ne sont elles qui grondent
Un peu partout sur la planète quelque chose se dérange
Nous étions quelques bons amis à vouloir transformer le monde.
1973
Rien ne devait nous résister la force naît de la jeunesse
Nous ignorions tout du présent Elle était là notre faiblesse
Mais dans la mer de l’avenir nous étions sonde profonde
On nous disait de nous garder du vent de la nécessité
Il nous a tous disséminés Ô feuilles mortes avant l’âge
Les poussières du quotidien nous accablent de cécité
De la victoire notre espoir serait-ce déjà le naufrage
Chacun devient selon son temps tous les jours un peu moins naïf
Et du jardin à déboiser nous n’avons plus la souvenance
L’épaisseur de ce que je suis a étouffé de mon enfance
Le rêve sûr d’un monde pur où l’unique arme est un canif
Tourner la page de mémoire et conserver science des pleurs
Parmi nous se promène encor l’ombre d’Orwell A nous d’écrire
Ce que sera un monde enfin débarrassé des Big Brothers
Mais n’avons-nous pas déjà vu l’acte d’aimer prêter à rire
C’est la saison du renouveau A la télé ils l’annoncèrent
Et voici changée la télé Du renouveau c’est la chanson
Dans le jardin accoutumé où jouaient filles et garçons
La chèvre vient remplacer l’âne Elle a bouleversé la terre
Qu’est le poème devenu à la bouche du torturé
Une ville aujourd’hui est morte quelque part dans le Viet Nam
Dorment les hommes Seuls les organismes s’essaient à durer
Car les doigts rouges de la paix n’ont plus de corps et n’ont plus d’âme
Dans ce jardin où promener est le long rêve de l’ennui
Dans ce jardin ce sont les arbres qui décident de l’autan
Affolement et ignorance meuvent les hommes d’autant
Que plus agitées sont les ombres plus obscure est notre nuit
Chante ce vers en ma mémoire où le jour est couleur d’orange
Et si vivent les sauterelles ce ne sont elles qui grondent
Un peu partout sur la planète quelque chose se dérange
Nous étions quelques bons amis à vouloir transformer le monde.
1973
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