Aller au contenu
MesPoèmes.net Créer mon site de poésie

Eupalinos

Rêve égaré

Le jeudi 4 novembre 2004 à 04:37, posté par Jacques · 723 lectures

Je suis las cette nuit Tout le jour j’ai couru
Dans les rues de la ville depuis la prison
Jusqu’au cœur transpercé de l’église où j’ai cru
Je suis las cette nuit O la morte saison

Le laurier sur ma tête fana ses espoirs
Le muguet de mon cœur sonna l’or de ma soif
J’ai perdu jusqu’à cette illusion sur ma coiffe
J’ai cherché aujourd’hui tout en broyant du noir

Je ne suis pas raciste et pourtant cannibale
Je dansais sur mon mal en moi seul curieux bal
Allons donc j’ai perdu ce qui me précédait
Et vers lui me poussait sans pour autant m’aider

J’ai crié demandé et prié et pleuré
J’ai pensé médité et songé et pourtant
Bien qu’à travers moi s’effilochait le temps
Mes yeux ne le virent et je reste égaré

J’ai regardé un homme e loi ou de dieu
Peu m’importe nous sommes tous vains en ce lieu
Ma voix le questionnait et mon corps m’entendait
Monsieur j’ai perdu ce rien qui me possédait

L’avez-vous vu s’enfuir L’avez-vous vu s’aller

Mais à question vraie le silence répond
Et l’homme sans langage n’était que muet
Adieu donc ignorant vas à dos de mulet
Car je vois que pour toi cela te sert de pont

Qui donc a vu s’enfuir mon rien au cœur ailé

Une femme soudain me tendit son beau sein
L’étoile sur la neige embrasa sur mes lèvres
Elle dit que l’amour en était l’orfèvre
Je pensais que sans lui tout baiser est malsain

Adieu donc joli sein ton soleil qui frémit
Ne me rendra jamais mon rien insoumis
Adieu donc joli sein tu ne peux contenter
Qu’un humain dont ta vue seule le fait chanter

Je ne peux plus t’aimer car quelqu’un m’a quitté

Je fuyais tout le long des trottoirs encrassés
Des ombres par moment me toisaient enlacées
Je fuyais eu hasard sous d’obscures lumières
Retenues isolées sous des cages de verres

Et la foule mouvante et la foule insatiable
Elle qui chaque jour au supplice s’attable
Ecoutait étonnée ma prière discrète
Sans entendre les mots sans saisir ma requête

J’étais seul à m’entendre Le vent murmurait
Les vieux murs recueillis suintaient le crépit
Les vieux murs méditaient en croulant de dépit
Les fixant j’ignorais que pour moi ils pleuraient

Avaient-ils vu s’enfuir mon obscure clarté
Les plus sages ainsi sont soumis au mutisme
Et le mot de leur bouche ne pouvant éclater
Ils se ruinent jamais ne mourant d’héroïsme

Désormais dans le nuit sans celui qui m’était
Je hurlais à la mort comme un chien sans son maître
Je braillais affamé tel bébé sans tétée
Désormais que m’importe d’être ou ne pas être

Je peux voir les étoiles briller Je peux voir
De Lune une larme geler d’éternité
Je peux voir le profond qu’aucun ne peut avoir
Je peux voir ce que tels prétendaient Vérité

Non La voûte qui tient en elle l’univers
Contient toujours toujours toujours toujours toujours
Le trop plein de mon cœur le vide de mes vers
L’univers contient tout et rien n’échappe au jour

Le chercher en tous lieux sans jamais me fléchir
Dans le monde creuser mon trou du réfléchir
Afin que la lumière en mon œil se recueille
Et s’épande en l’espace absorbant les écueils

Quand donc retrouverais-je ce voleur impersonnel
Cet affreux sans visage ce fuyard boiteux
Quand serais-je à nouveau le poète sans fiel
Le poète aux voyages lointains non coûteux

Je suis las cette nuit mon interne est enfui
Ma folie en allée aggrave mon ennui
Il a pris mon aimée et je cherche sans trêve
Ce qui pour vivre est tout mon amour le rêve.

Août 1970

Aucun commentaire

Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.