AMOURS AZURÉES
AMOURS AZURÉES
(À René Char: "Ne te courbe que pour aimer")
Gorgée de reflets azurés, serais-je malade?
Je valse imperturbable au rythme de la solitude
je suis celle qui précède
la naissance de votre mémoire
mes ombres sont chemins de clarté
éclosant comme fleurs entre roches et nuées
je ne garde le souvenir
que des enfants et amants pleurant
l'impérissable faiblesse de mes collines
polies par la patience des caresses
et mes sanctuaires teintés
du vermeil des lunes rousses
dans le poudroiement
de leur spirituelle jubilation
seuls les poètes ravins du monde *
nomment l'indicible qu'obscurcit la lumière
je leur abandonne ma fugitive beauté
iambe d'éternel instant et de parcelles d'infini
mon céleste silence est le prix
d'une symphonie d'ors et de moires
poème de morts et d'espoirs
de mes prairies soyeuses
et du mystère de mes flancs
d'où naissent les vies écarlates
je valse imperturbable au rythme de la solitude
le ciel et moi sommes amants
les horizons nous unissent qui nous séparent
je suis éternellement enceinte, je suis ronde
je ne suis courbes que pour aimer, Terre est mon nom.
Gorgée de reflets azurés, serais-je unique?
* Lao-Tseu
(À René Char: "Ne te courbe que pour aimer")
Gorgée de reflets azurés, serais-je malade?
Je valse imperturbable au rythme de la solitude
je suis celle qui précède
la naissance de votre mémoire
mes ombres sont chemins de clarté
éclosant comme fleurs entre roches et nuées
je ne garde le souvenir
que des enfants et amants pleurant
l'impérissable faiblesse de mes collines
polies par la patience des caresses
et mes sanctuaires teintés
du vermeil des lunes rousses
dans le poudroiement
de leur spirituelle jubilation
seuls les poètes ravins du monde *
nomment l'indicible qu'obscurcit la lumière
je leur abandonne ma fugitive beauté
iambe d'éternel instant et de parcelles d'infini
mon céleste silence est le prix
d'une symphonie d'ors et de moires
poème de morts et d'espoirs
de mes prairies soyeuses
et du mystère de mes flancs
d'où naissent les vies écarlates
je valse imperturbable au rythme de la solitude
le ciel et moi sommes amants
les horizons nous unissent qui nous séparent
je suis éternellement enceinte, je suis ronde
je ne suis courbes que pour aimer, Terre est mon nom.
Gorgée de reflets azurés, serais-je unique?
* Lao-Tseu
5 commentaires
domi/amimots · le mardi 10 novembre 2015 à 16:44
Un magnifique hommage à la Terre, un texte très profond !
encore merci.
domi/amimots
imparfaitlibre · le mardi 10 novembre 2015 à 20:47
J'aime beaucoup aussi ce regard que tu portes à notre terre ronde éternellement seule mais tellement belle.
Amitiés poétiques yanrevesud
mespoemes.net://imparfaitlibre
Claude · le mardi 10 novembre 2015 à 21:14
La fin du texte est époustouflante:
je suis éternellement enceinte, je suis ronde, je ne suis courbe que pour aimer,
Terre est mon nom !
Hé bien moi, je me courbe devant la beauté de votre texte
Claude · le mardi 10 novembre 2015 à 21:16
Au plaisir de vous lire encore.
yanrevesud · le mardi 10 novembre 2015 à 23:08
Je mettrai bientôt les 2 autres poèmes qui ont reçu un 1er et un 3ème prix: actuellement A René Char a aussi obtenu un 3ème prix...
Merci aussi pour les suggestions.
Poétiquement
Yves
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