A LUI, puis A EUX
(À toi Étienne,
R.G. Cadou, Leonard Cohen et Paul Valéry)
1) A LUI
Sous le soleil déroulant
sa rouge écharpe de soie
sous le clavier des ciels
où dansent les astres
sous la nef des horizons
où gémissent les anges
sur les herbes sèches
des terrains vagues
tristes comme
des nids abandonnés
les sources tremblent
sous les pierres et prient
pour son regard d'océan
sa chevelure de pampre
ses mains aux couleurs
des rayons solaires
sa poitrine comme
un chant de pâtre
son cœur comme
un pain chaud
sur les embarcadères
où vibrent les amarres
entre les troncs noirs
où flagelle son hamac
sur les blancs chemins
de ses routes aux villages
ses rêves nés sur le Causse
parlent des hommes
qui comme l'automne
enflamment la vie
les flaques de soleil
frémissent comme des gerbes
et fleurissent comme
ses caresses des soirs
sa tendresse de sable fin
de sourires et de souffles
ses jardins d'amour
la lumière de ses rires
fissure vive
"par où entre la lumière"
créatrice du monde et
de l'horizon intérieur
cri impérissable
immortalisé
ainsi le chêne
foudroyé
le pic St-Loup comme un navire
fendant les alignements bleus
et les peuplades de nuages
spectateur de l'effroi du monde:
à son pied, échos silencieux
de la vie de la garrigue alentour
et "qui deviennent lumière à force de noir",
sous le Ginkgo biloba, ses cendres.
Notes:
* Évocation du CUN du Larzac où avait débuté notre militantisme...
* "par où entre la lumière" est emprunté à la fameuse chanson de Leonard Cohen
* Le chêne foudroyé, fable de La Fontaine qu'il aimait tant
* L'effroi du monde, autre rappel de sa vie militante avec Théodore Monod et Pierre Rabhi en particulier
"qui deviennent lumière à force de noir" est une libre transcription du poème de Paul Valéry où le cimetière marin "(qui) devient noir à force de lumière"
2) A EUX
(À Lui et Noémi,
À R.G. Cadou)
Vous êtes partis
sur les mouvants chemins de nuages
l'équilibre du monde en est ébranlé
sous le dais des horizons fous
au fond des forêts denses
les troncs pétrifiés rêvent de caresses
vous êtes partis
par des matins
de gel et de lumière
nous abandonnant
telles des gares désertées
où ne rêvent plus les trains
vous êtes partis
comme des enfants
jouer dans les clairières
et les torches de lumière
sont désormais consumées
de souffles ténébreux
vous êtes partis
nos cœurs à genoux
écoutent l'âme chaude de la terre
mais nos oreilles écoutent
dans les cheveux d'anges*
les grandes orgues des Cévennes
vous êtes partis,
vous guiderez le soc des étoiles
comme sillons de nos chemins
et nous apprendrons
à croire autant en la vie
qu'en l'éternité.
* graminées couvrant les Causses en juin
R.G. Cadou, Leonard Cohen et Paul Valéry)
1) A LUI
Sous le soleil déroulant
sa rouge écharpe de soie
sous le clavier des ciels
où dansent les astres
sous la nef des horizons
où gémissent les anges
sur les herbes sèches
des terrains vagues
tristes comme
des nids abandonnés
les sources tremblent
sous les pierres et prient
pour son regard d'océan
sa chevelure de pampre
ses mains aux couleurs
des rayons solaires
sa poitrine comme
un chant de pâtre
son cœur comme
un pain chaud
sur les embarcadères
où vibrent les amarres
entre les troncs noirs
où flagelle son hamac
sur les blancs chemins
de ses routes aux villages
ses rêves nés sur le Causse
parlent des hommes
qui comme l'automne
enflamment la vie
les flaques de soleil
frémissent comme des gerbes
et fleurissent comme
ses caresses des soirs
sa tendresse de sable fin
de sourires et de souffles
ses jardins d'amour
la lumière de ses rires
fissure vive
"par où entre la lumière"
créatrice du monde et
de l'horizon intérieur
cri impérissable
immortalisé
ainsi le chêne
foudroyé
le pic St-Loup comme un navire
fendant les alignements bleus
et les peuplades de nuages
spectateur de l'effroi du monde:
à son pied, échos silencieux
de la vie de la garrigue alentour
et "qui deviennent lumière à force de noir",
sous le Ginkgo biloba, ses cendres.
Notes:
* Évocation du CUN du Larzac où avait débuté notre militantisme...
* "par où entre la lumière" est emprunté à la fameuse chanson de Leonard Cohen
* Le chêne foudroyé, fable de La Fontaine qu'il aimait tant
* L'effroi du monde, autre rappel de sa vie militante avec Théodore Monod et Pierre Rabhi en particulier
"qui deviennent lumière à force de noir" est une libre transcription du poème de Paul Valéry où le cimetière marin "(qui) devient noir à force de lumière"
2) A EUX
(À Lui et Noémi,
À R.G. Cadou)
Vous êtes partis
sur les mouvants chemins de nuages
l'équilibre du monde en est ébranlé
sous le dais des horizons fous
au fond des forêts denses
les troncs pétrifiés rêvent de caresses
vous êtes partis
par des matins
de gel et de lumière
nous abandonnant
telles des gares désertées
où ne rêvent plus les trains
vous êtes partis
comme des enfants
jouer dans les clairières
et les torches de lumière
sont désormais consumées
de souffles ténébreux
vous êtes partis
nos cœurs à genoux
écoutent l'âme chaude de la terre
mais nos oreilles écoutent
dans les cheveux d'anges*
les grandes orgues des Cévennes
vous êtes partis,
vous guiderez le soc des étoiles
comme sillons de nos chemins
et nous apprendrons
à croire autant en la vie
qu'en l'éternité.
* graminées couvrant les Causses en juin

6 commentaires
euphonie0 · le mercredi 25 novembre 2015 à 14:00
Marie
guillaume · le mercredi 25 novembre 2015 à 20:47
domidom · le mercredi 25 novembre 2015 à 21:13
Merci pour cet agréable moment de lecture...
Amicalement, Domie...
PHILIP (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 26 novembre 2015 à 13:03
C'est comme dans l'écriture musicale, c'est la synthèse du rythme, le choix de l'armature, des altérations qui y contribue.
Dire "il faut surprendre" (en poésie ou en musique) n'est alors nullement une bravade.
Ainsi, cette succession poétique que tu nous livre, sous d'apparentes formes "lissées" (ce n'est pas péjoratif) et tranquilles, une écriture...."rassurante" dirais-je, est incrustée de colorations musicales des mots : "les souffles ténébreux", "le soc des étoiles", "le dais des horizons fous", "où gémissent les anges", etc....
Cela met de la couleur (ou des sonorités, dirais-je) et rendent très agréables la lecture de tes vers. Ainsi, ces vers très personnels et dédiés, sont partagés par nous tous. Amitiés, Yves. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
yanrevesud · le jeudi 26 novembre 2015 à 16:22
merci infiniment pour vos message qui me touchent car il est vrai que c'était (et sera toujours...) très personnel et j'avais un peu... peur, oui. J'ai voulu me distancier de la douleur en tâchant de mettre de la musique, toujours secourable et libératrice dans ces moments.
Bien amicalement
Yves
PS: ils avaient tous les deux 28 ans...
domi/amimots · le samedi 28 novembre 2015 à 10:57
un peu en retard car je m'aperçois que c'est le premier qui m'avait un peu laissée sans ressenti, sans doute à cause de la mise en page, les sauts à la ligne que je n'ai pas "senti", pardonne-moi.
mais le deuxième que je viens seulement de lire me touche beaucoup ! merci, et bises
domi
http://www.mespoemes.net/amimots/
Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.