SUR LE PARVIS DES CATHEDRALES ("calligraphié")
À François Cheng *
Entre abandon
et terrestre alliance
Nos ombres jamais ne seront celles des traces de nos pas
mais nous guidons les pieds des novices grimpeurs
empreintes
entre humus et semences
nos troncs aux croupes frémissantes distillent la sève d'ambre
nos vignes d'ombres sont les berceaux de vos lumières
chaque brindille est source du velours de nos bourgeons
chaque feuille est moule émeraude de nos fruits
ferveurs
entre horizons et racines
nul ne connaît la saveur en nous du reflet des mers
ni le souffle profond des fleurs sur la chair de nos roches
ni les veines infinies de nos marbres striés de vos songes
mais sous les voiles des brumes résonnent nos trames d'ondes
permanences
entre chant et unisson
les harpes de nos rameaux orchestrent la complainte des vents
nos écorces conservent les secrètes vibrations organiques
nos cicatrices celles de la forge obsédante des piverts
et nos gemmes celles de la poudre de vos ossements
promesses
entre torches et blessures
notre âme vogue entre jades des faîtes et ébènes des ténèbres
mais le soleil subit le grouillement de vos piétailles et escadrilles
et pleure les gémissements de nos souches pétrifiées
échos des orgues éteintes en nos tanières désertées
mémoires
entre paroles et témoins
hommes, vous pavoisez d'être nés de l'argile multi-millénaire
nous autres sommes nés de la vie marine originelle
nos feuilles que l'automne a semées comme pluie de vos souvenirs
sont des mots doux que massent les talons des sadhvis
horizons
entre douceur et douleur
vivants, nous accueillons les nids des multiples voilures chantantes
nos chevelures vouent leurs flammes aux colonnes du ciel
nous offrons nos écorces en sacrifice à vos dérisoires serments
et à la vesprée vos feux de joie sont nos chants de mort
entrailles
entre morts et naissances
hommes, vous exhibez encore le sang noir de vos suppliciés
vous faites hurler aux bûchers les poumons ardents de vos sorcières
martyrisant notre chair comme vous fouaillez le ventre des femmes
et livrant vos répugnances aux yeux de déluge des enfants implorants
royaumes
entre gloire et indicible
notre mort vous réjouit pour les murs de vos palais et vos masures
la coque de vos vaisseaux et la voûte de vos églises
mais hommes, vous en délectant pour vos croix et vos gibets
pensez à la matière des cercueils de votre dernière demeure
amours
entre errance et infinis
sur les parvis des cathédrales où souvent le bois est absent
et où vous, hommes, déposez vos valises comme des amants déchus
pendant que vous scrutez les astres tempétueusement silencieux
nous vivons avec la bruissante voûte céleste nos épousailles éternelles
Entre abandon et
cosmique promesse
Nos ombres jamais ne seront celles des traces de nos pas
mais nous marquons ineffablement la marche du temps
* F. Cheng, dans "Cinq méditations sur la beauté" rappelle la tradition artistique chinoise d'insérer des poèmes calligraphiés dans les peintures; cette expression de "trois-arts-en-un" étant finalement considérée comme la forme suprême de l'accomplissement de l'humain. Ainsi, les mots en gras sont-ils à installer en calligraphie chinoise à droite de l'écran...
Accompagnement musical: extrait de "L'oiseau de feu" de Stravinsky", par Claudio Abbado, "La danse infernale - Lullaby - Hymne final":
http://www.dailymotion.com/video/x2foiy_igor-stravinsky-l-oiseau-de-feu_music
Entre abandon
et terrestre alliance
Nos ombres jamais ne seront celles des traces de nos pas
mais nous guidons les pieds des novices grimpeurs
empreintes
entre humus et semences
nos troncs aux croupes frémissantes distillent la sève d'ambre
nos vignes d'ombres sont les berceaux de vos lumières
chaque brindille est source du velours de nos bourgeons
chaque feuille est moule émeraude de nos fruits
ferveurs
entre horizons et racines
nul ne connaît la saveur en nous du reflet des mers
ni le souffle profond des fleurs sur la chair de nos roches
ni les veines infinies de nos marbres striés de vos songes
mais sous les voiles des brumes résonnent nos trames d'ondes
permanences
entre chant et unisson
les harpes de nos rameaux orchestrent la complainte des vents
nos écorces conservent les secrètes vibrations organiques
nos cicatrices celles de la forge obsédante des piverts
et nos gemmes celles de la poudre de vos ossements
promesses
entre torches et blessures
notre âme vogue entre jades des faîtes et ébènes des ténèbres
mais le soleil subit le grouillement de vos piétailles et escadrilles
et pleure les gémissements de nos souches pétrifiées
échos des orgues éteintes en nos tanières désertées
mémoires
entre paroles et témoins
hommes, vous pavoisez d'être nés de l'argile multi-millénaire
nous autres sommes nés de la vie marine originelle
nos feuilles que l'automne a semées comme pluie de vos souvenirs
sont des mots doux que massent les talons des sadhvis
horizons
entre douceur et douleur
vivants, nous accueillons les nids des multiples voilures chantantes
nos chevelures vouent leurs flammes aux colonnes du ciel
nous offrons nos écorces en sacrifice à vos dérisoires serments
et à la vesprée vos feux de joie sont nos chants de mort
entrailles
entre morts et naissances
hommes, vous exhibez encore le sang noir de vos suppliciés
vous faites hurler aux bûchers les poumons ardents de vos sorcières
martyrisant notre chair comme vous fouaillez le ventre des femmes
et livrant vos répugnances aux yeux de déluge des enfants implorants
royaumes
entre gloire et indicible
notre mort vous réjouit pour les murs de vos palais et vos masures
la coque de vos vaisseaux et la voûte de vos églises
mais hommes, vous en délectant pour vos croix et vos gibets
pensez à la matière des cercueils de votre dernière demeure
amours
entre errance et infinis
sur les parvis des cathédrales où souvent le bois est absent
et où vous, hommes, déposez vos valises comme des amants déchus
pendant que vous scrutez les astres tempétueusement silencieux
nous vivons avec la bruissante voûte céleste nos épousailles éternelles
Entre abandon et
cosmique promesse
Nos ombres jamais ne seront celles des traces de nos pas
mais nous marquons ineffablement la marche du temps
* F. Cheng, dans "Cinq méditations sur la beauté" rappelle la tradition artistique chinoise d'insérer des poèmes calligraphiés dans les peintures; cette expression de "trois-arts-en-un" étant finalement considérée comme la forme suprême de l'accomplissement de l'humain. Ainsi, les mots en gras sont-ils à installer en calligraphie chinoise à droite de l'écran...
Accompagnement musical: extrait de "L'oiseau de feu" de Stravinsky", par Claudio Abbado, "La danse infernale - Lullaby - Hymne final":
http://www.dailymotion.com/video/x2foiy_igor-stravinsky-l-oiseau-de-feu_music
8 commentaires
yanrevesud (Yves) · le dimanche 17 janvier 2016 à 07:48
Je te remercie pour tous tes commentaires qui étaient sur ce poème...
MAIS, n'ayant aucun "atome crochu" avec l'informatique, j'ai fait une erreur de "manip" et avais effacé le poème!
Je l'ai donc remis mais sans tes commentaires, pardon...
Yves
Philip (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 17 janvier 2016 à 10:48
yan revesud (Yves) · le dimanche 17 janvier 2016 à 14:13
j'avais sauvegardé TOUS mes commentaires (car j'utilise généralement d'abord un traitement de textes) et ai fait une réponse TRES succincte (car nature du site oblige, en effet!) dans "Nouvelle 1001 notes (2)"
Bonne fin de WE et toujours amicalement
Yves
plumeflore · le dimanche 17 janvier 2016 à 20:50
Marc!
bluegirl · le dimanche 17 janvier 2016 à 22:37
En ce qui concerne "nature du site oblige", je t'invite à lire le com que je t'ai adressé chez Domidom.
Bien amicalement, Lola.
mespoemes.net/bluegirl
yanrevesud Yves · le dimanche 17 janvier 2016 à 23:05
j'ai tellement peu d'atomes crochus avec l'informatique que je n'ai pas trouvé le com chez Domidom alors même que je suis allé sur son site, pardon...
Mais depuis ton site qu'est le lien:
https://www.youtube.com/watch?v=9cD3Qbx5Skw
?
Bien peur d'être irrécupérable (:=((
Yves
bluegirl · le lundi 18 janvier 2016 à 22:22
En fait ce qui m'a interpellé, c'est ton allusion à la déconnexion intempestive lorsque tu dis "une réponse très succincte car nature du site oblige".
Comme c'est un problème récurent qui limite parfois les échanges, je t'invite comme j'invitais l'autre membre, à consulter un post sur : mespoemes.net/avisdesmembres (le site des échanges entre l'administration et les membres), à la date du 14 mars 2014 : un post s'intitule : "Ne pas perdre de coms à cause de la déconnexion"
Et t'inquiète quand on se croit irrécupérable, c'est parfois juste qu'on a pas pensé à demander une aide.
Les administrateurs sont là pour les petits services qui facilitent, donc je te rappelle nos adresses mail si besoin :
Loïc :
[email protected]
Lola (moi)
[email protected]
N'hésite pas !
Bonne soirée, Lola.
Lola administration (la même) · le mardi 19 janvier 2016 à 07:14
Tu le trouveras donc aujourd'hui en première page des posts.
Lola
mespoemes.net/avisdesmembres
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