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POÈMES À LA SUITE
XXII
FANTASMAGORIES
Dans une nuit d’encre de chine,
Où le songe traîne et s’échine,
Les paysages que je vis
De grands chaos étaient remplis
Crachant du feu, et les campagnes
Baignaient dans des lacs de montagnes,
Grésillant comme une friture
Où nageaient des corps sans figure.
Des crânes hurlants, déformés,
Aux yeux hideux, exorbités,
Dans un fleuve de feu roulaient,
Puis en un abîme tombaient.
Une odeur prenait à la gorge,
Venue d'un feu soufflant en forge,
Laissant à penser que le Diable
Allait bientôt se mettre à table.
Vite je détournais les yeux,
Recherchant le calme des Cieux.
Une barrière infranchissable,
De pur cristal inviolable,
Poussa l’Enfer à l’opposé !
Le zéphyr était embaumé,
L'éclaircie régnait tout à fait,
Et mon esprit s’y enivrait.
L’oreille vibrait de musique,
Pour une ronde séraphique
Qu'occupait nombre d’angelots
Chargés de colliers à grelots.
De blanc vêtus, les beaux Archanges
Porteurs d’ailes, comme les Anges,
Voletaient gracieusement
Échangeant maints signes charmants.
Je crains de l’Enfer les douleurs,
Les feux, les bruits et les malheurs !
Or, les douceurs du Paradis,
M'offriront d'éternels défis.
M.A.B.M.
Page 29
Cannes le 14 Janvier 2011
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