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POÈMES À LA SUITE
VIII
ORAGE
Sous un ciel furieux, menaçant à tout rompre,
Brisant des javelots d’éclairs blancs fulgurants,
D’électriques longs arcs claquants et déchirants,
La Nature se trouble et se fige dans l’ombre.
Les nuages rampants, déboulent aux rappels
Du tonnerre grondant, crachant des décibels.
Un grand rideau de pluie en cascatelles tombe,
Ondoyant et ployant les herbes dans la combe.
L’eau du lac réfléchit le ciel bas obscurci,
Offrant ses chatoiements au grand dôme assombri,
Alors que perchée haut, la jolie gent plumée,
Piaille en tremblotant, la plume ébouriffée,
Espérant que le ciel se pondère et s’apaise,
Et dans le même élan que Jupiter se taise.
Il flotte bonne odeur de jeune foin coupé,
De remugle d’humus nourricier, mêlé.
Puis les nues s’allégeant, le tonnerre se rend,
Et le ciel gris s’égoutte en des perles d’argent.
L’intrépide moineau sort la tête de l’aile.
Pleurent les oisillons au nid de l’hirondelle.
Page 10
Cannes le 20 Août 2012
M.A.B.M.
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