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POÈMES À LA SUITE
XXXV
PROTECTION
Combien j'aime tes yeux d’enfant
Versant l’impétueux torrent
De toutes leurs larmes tièdes
Dessus ma pierre de Tolède,
Et que ton cœur, infiniment
Se bien lamente doucement
Au chant de ton amour enfoui
Dans une terre qui t’a fui.
Ô ma martyre ensanglantée,
Toi que l’on a assassinée,
Je m’émeus de te voir emprise !
Ouvre ta prunelle qu’irise
Le doux reflet de ce ciel bas
Qui recouvre toute la terre,
Et qui, avec toi pleurera
Ta longue et bien triste misère.
Prends donc ma main, mon orpheline,
Elle t’aidera. Viens ma câline,
Donne ton bras. Appuie toi bien.
De ton bel Ange suis gardien,
Et reste là, pour qu’un sourire
T’illumines, ma belle image !
Cesse tes pleurs. Que ton visage
Retrouve paix en un soupir.
L’Aurore claire en voile rose
Tout doucement pousse la nuit.
Espère dans ce jour qui bruit,
Il t’adoucira toute chose.
Page 38
Cannes le 26 Mars 2013
M.A.B.M.
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