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POÈMES À LA SUITE
LXX
DERNIÈRE IMAGE
Pour la dernière fois ses yeux clairs se dessillent.
Il tombe à la renverse en fixant le soleil.
C’est fini, il est mort. Mais ses pupilles brillent
Pour une ultime fois sur l’Astre de vermeil.
Pour d’autres horizons cette vie il l’a fui,
Pour l’air tiède et calme et Phébus assagi,
Où la vie est douceur, loin des chagrins rongeurs,
Où il fait bon dormir sous la glycine en fleurs.
Que ne suis-je venue plus tôt dans ces vallées
Couvertes à l’envie de lys et d’azalées ?
Traversées de ruisseaux aux bruissements jolis,
Aux fleurs bariolées, balançant en roulis.
Elles s’abreuvent aux eaux si claires qui s’enchantent
De l’ombre vacillante, aux arbres qui s’épanchent
Sur l’algue en tourbillon, accrochée aux cailloux,
Propice à l'alevin en ce lieu de remous.
Je suis morte et revis dans des Cieux enchantés,
Éloignés de cent lieux de ceux imaginés !
L’air si doux est porteur de parfums les plus rares,
Et l’oreille s’émeut aux notes des cithares.
Voyez, je me promène en un jardin fleuri,
Couvert d’ondoyants lys, roses à l’infini,
Entourée de Tous Ceux partis bien avant moi,
Et qui font que mon cœur vacille dans l’émoi.
Page 76
Cannes le 20 Décembre 2013
M.A.B.M.
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