|
MÉLANCOLIES
XIX
TON PARADIS
Je t’imagine, Amour, avec auprès de toi
Un aréopage d’amis chers retrouvés,
De poètes choisis, de parents bien aimés,
De philosophes grecs avec qui tu devises,
De musiciens, sculpteurs, et de peintres aussi,
Ceux de la rue Tourlaque, artistes des Fusains
Que ton Père, avec toi, aviez longtemps gérés,
Les appréciant tous, avec qui tu replonges
Dans le Monde de l’Art où tous y excellaient.
J’entends encore ta voix me racontant Joubin,
Et Dionisi pochant ses études pour fresques,
L’atelier de Colla ne désemplissant pas
Lorsque, Maria nue, aux seins éblouissants
Posait pour ce titan aux ciseaux diaboliques
À damner un évêque et toute sa curie !
Je te devine heureux près de ces grands Esprits,
Intelligents, racés, talentueux, sensibles !
Tu peux, tout à loisir, approcher Michel Ange,
Léonard de Vinci, Raphaël et Bramante.
Mozart et Beethoven, Brassens et … Marilyn,
Baudelaire et Rimbaud, Verlaine, Éric Satie,
Claude de France offrant l’Après midi d’un faune,
Léo chantant Pépé, Paname et C’est Extra,
Comme aussi bien le Mal Aimé d’Apollinaire …
Sacha te conviant aux pièces inédites,
Charmeur étourdissant au verbe savoureux,
Jouant aussi là-haut, et à guichet fermé !
Pagnol, Raimu, Jouvet, Visconti et Chaplin,
Et tu sais, ô combien, la liste est encor longue !
Et tes Humanités te laissant préférence
Pour converser en grec ancien ou en latin
Avec les purs esprits du Monde des Anciens !
Et tes entières joies vite renouvelées !
Car dans ce Paradis de milliards de merveilles,
Ton Âme s’éblouit d’extases sans pareilles …
Vers Libres
Page 21
Cannes, le 3 Mars 2008
M.A.B.M.
Droits Réservés
|