Mélancolies

 

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Le Verger Des Regrets

le mercredi 26 mars 2014, à 02:50. Posté par Micheline


MÉLANCOLIES


XXVI


LE VERGER DES REGRETS


J’ai longtemps habité sous le beau ciel d’Afrique,
Et son cher souvenir m’envahit bien des fois,
Faisant monter en moi un lancinant regret,
Douloureux requiem m’empêchant de bien vivre.

Je revois clairement, allongée dans ma chambre,
La fenêtre s’ouvrant sur l’immense verger,
Les panaches poudrés de la haie d’amandiers
En fleurs épanouies, mousseuses à souhait
En corbeilles rosées pour jeunes baptisées,
Parsemées de dragées posées en fins bouquets,
Frissonnantes d’azur, calme et bleu sans pareil
À vous fondre les yeux dans l’air clair du matin,
Bouleversantes à vous remuer les sens !

Et par-dessus la vague embaumée, toute rose,
Surgissaient les palmiers élancés, vigoureux,
Qui balançaient leurs bras d’éventails nonchalants,
Sur le chant du flûtiau d’un jeune pâtre habile,
Poussant sa maigre chèvre à son tendre chevreau.

Méditant, yeux mi-clos, je sens le temps qui passe …
J’entends le muezzin lançant sa mélopée
Du haut minaret blanc, et cinq fois la journée.
Le chant du coq voisin résonnant en trompette,
Le pigeon roucoulant sa danse de l'amour,
Pintades criaillant rentrant à tire-d’aile.

Un antique biplan ronronnant au lointain
Hoquette et puis se tait en replongeant sur terre
Sa bien frêle ossature en agiles volutes …
Il tombe et arrondit sa chute et se redresse,
Remonte, vrombissant vers le plafond du ciel,
Et je le vois passer dans le carré de vitre,
Tout là-haut, par-dessus les hautes cimes d’arbres,
Poussant très fort les gaz, escaladant l’azur
Comme une alouette fuyant dans le soleil.

Les vieux abricotiers donnaient des fruits superbes,
Très sucrés et juteux, très doux à caresser.
Fardés à l'outrance, et enflammant la feuillée,
Tels de gros lumignons allumés en plein jour.
Courtisés follement par des rondes d’abeilles,
Bourdonnant tout autour en ballets orchestrés
D’incessants et infatigables va-et-vient,
En bruissements puissants s’estompant vers le soir.

Les figuiers, eux aussi, comptaient des visiteuses
Se délectant du suc coulant des beaux fruits mûrs.
Alors qu’encore tiédis par le dernier soleil,
J’en savourais l'étourdissante inflorescence,
À l’effluve exhalant d’ineffables senteurs,
Tout en suivant des yeux le long déclin du jour,
Déchiré par les cris stridents des hirondelles
Zigzaguant dans les nues, se régalant d’insectes.

Ce beau verger comptait aussi un grenadier
Adossé à la haie de cyprès de l’allée.
Réelle splendeur en gloire à fleurs d'incarnat,
Palais que Fée Clochette avait tant bien doté,
Que je considérais comme l’arbre d’un prince,
Assurément Indien, aux inouïes richesses,
Qui amassait rubis dans ses fruits cloisonnés,
Abritant ses Trésors dans le cœur des grenades.

Un cognassier superbe, à branches très feuillues,
Se couvrait en saison d’innombrables fleurs roses,
Donnant de beaux fruits d’or formés en poires lourdes,
Couverts d’épais duvets au toucher de velours.
Leur pulpe d’âpreté se travaillait au sucre,
Et Maman préparait de délicieux bonbons
Vanillés en parfum, à la couleur ambrée,
D’un goût si délicat à faire pécher les Anges !

Un grand pamplemoussier, à gros fruits d’amertume,
Campait également tout contre les cyprès,
Ainsi qu’un cédratier à larges feuilles vertes,
Aux branches lourdement chargées et prolifiques.
Au printemps, j’adorais passer près de cet arbre,
Dont la fleur si parfaite au dessin précieux
Embaumait l’air serein des crépuscules calmes,
À l'enivrante vague aux senteurs parfumées.

Papa était fier de ses fraises d’Amérique,
Dont le goût sans pareil affolait nos papilles !
Je n’ai, non, plus jamais retrouvé ce parfum,
Et plus jamais, non plus, assouvi mon envie
Qui restera hélas, à tout jamais, saveur
Gardée en mémoire de ceux qui l’ont connue.
Aucun fruit aujourd’hui n’enchante mon palais,
Car, peut-on nommer fruit ce que l’on nous propose?

C’était mon Paradis ce beau pays d’Afrique,
Et chaque jour m’en rends compte encor davantage,
Que j’ai laissé pour vivre en notre terre de France
Où j’ai perdu mon ciel comme aussi mes racines,
La maison de l’enfance exilée au passé,
Les Grands-parents restés sous la dalle de pierre
Brûlée par le soleil, mouillée par les embruns,
Déshérence et chagrins de nos aînés défunts …

Et comme ce verger, très certainement mort,
Aujourd’hui comme hier, vivant dans ma mémoire,
Ce Paradis perdu ne m’enchantera plus
Que dans le souvenir du bel Éden perdu.
Mes Parents, eux aussi partis dans les étoiles
Espèrent sépulture au fin fond des abysses.
Encor en ma maison, leurs cendres s'y reposent,
Dans l’attente du jour où les mettrai en mer.


Prose Alexandrine

Pages 30-31-32
Le 17 Mai 2008

M.A.B.M.
Droits Réservés

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commentaires ( 20 ) (Ajouter un commentaire)
nathan le mercredi 26 mars 2014, à 11:22
très beau, et triste, j' ai moi aussi abandonné un paradis semblable.
http://www.mespoemes.net/nathan

salus le mercredi 26 mars 2014, à 14:31
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http://www.mespoemes.net/salus
De très beaux alexandrins sertis dans une mélancolie palpable !
(premier vers, réminiscence baudelairienne ?)

Sans parler rigueur absolue et respect de la règle, je me hasarderais à vous conseiller d'éviter les "e" muets à la césure, qui affaiblissent l'alexandrin ; l'esprit bute presque toujours sur une fausse rythmique, exception mise à part, mieux vaut - et vous le pratiquez fort bien - décaler la césure, brisant net le rythme au moment ad-oc ("D'incessants et infatigables va et vient")
Trimètre hugolien parfaitement judicieux !
Et puis quelques vers de 13 "pieds", comme le dernier du premier neuvain, qui procèdent du même esprit de "croche-patte", il serait dommage, vu la qualité du texte, de les conserver tels.

Chère Micheline, je vous demande expressément de bien vouloir m’arrêter sans faillir dès l'instant où mes remarques vous paraitraient désobligeantes ;
ce n'est absolument pas mon propos, et je suis moi-même demandeur d'une critique que j’espère respectueuse et intelligente (l'humour n'est pas exclus)
Ce genre de com prend du temps, et la communication doit être un plaisir !
(surtout maintenant qu'on est sûr de ne pas perdre le message !)
Vos vers m'ont plu, n'ayez aucun doute ! je les ai lu et relu, je les lirais encore !

Je vous dois d'ajouter qu’anticlérical au plus sec de l'agnosticisme (ça existe un mot pareil ?), j'ai été parfaitement émerveillé par les chants de (certains) Muezzins dont la foi faisait vibrer l'air du matin...
c'est une chose qui se peut très belle, de macédoine jusque à l'Afrique de l'ouest, une chose première,une communion vibrante.
Je vous souhaite une bonne journée,
Salus

PS j’espère que mon message vous arrivera, je vais aussi essayer de l'envoyer à l'adresse que vous avez donnée, mais je n'y comprend pas grand chose...


salus le mercredi 26 mars 2014, à 15:31
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Je n'y comprendS

micheline1940 le mercredi 26 mars 2014, à 19:33
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http://www.mespoemes.net/micheline1940 Vous savez bien que vos remarques ne sont en aucun cas désobligeantes, et j'en tirerais avantage si je comprenais de quoi vous parlez, puisque je n'ai pas comme vous, et loin s'en faut, une culture poétique qui peut détecter la moindre anomalie qui peut-être une grave manquement aux lois des poètes ! Exemple: "décaler la césure brisant net le rythme" > Où et comment et dans quel vers ai-je pratiqué cela ? Me le préciser serait profitable, alors que me l'indiquer sans le préciser réduit votre longue intervention à un nouveau brouillard qui s'ajoute à d'autres ...

raphaelle13 le mercredi 26 mars 2014, à 19:38
Bonsoir Micheline !
Tout d'abord, merci de ce partage aux saveurs Africaines...
Le titre est magnifique, l'ensemble beau et agréable à lire. Demeure le doux souvenir qu'il faut conserver malgré la mélancolie...
Amitiés poétiques, Raphaëlle.
http://www.mespoemes.net/raphaelle13

salus le mercredi 26 mars 2014, à 19:49
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http://www.mespoemes.net/salus

Mais, chère Micheline, je vous l'ai indiqué ! "D'incessants et/infatigua/bles va-et-vient"

micheline1940 le mercredi 26 mars 2014, à 19:51
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http://www.mespoemes.net/micheline1940 Le trimètre hugolien, est ce cela ? Et le dernier vers du premier neuvain ? Qu'est-ce que ce vilain croche-patte indélicat qui ferait trébucher le vers ? " D'une beauté si ra-re, à- ? bouleverser les sens !" Vous voyez que j'ai beaucoup à assimiler, et sans exemple je ne puis rien améliorer, car tout me vient d'instinct, et on ne peut déstructurer que lorsque l'on sait construire, or je ne sais pas construire ... Donc, si vous en avez réellement l'envie, donnez les exemples de ce qui ne va pas, en recopiant le vers, et en marquant la faute de votre correction ! Voyez jusqu'où j'accepte votre aide ? et sans m'en formaliser aucunement !

micheline1940 le mercredi 26 mars 2014, à 19:59
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http://www.mespoemes.net/micheline1940- Oui, je le sais et je m'en suis rendue compte trop tard, mon texte était parti avant que je le relise, car j'avais peur qu'il disparaisse ...J'ai essayé le fameux système, mais je n'ai pas réussi, car trop jeune en ce nouveau moyen de communiquer, et qu'en cela malheureusement ( jeune) ! Et même j'ai malencontreusement écrit "unE grave manquement aux lois des poètes" Voyez que même ma frappe n'est pas au point !!!

salus le mercredi 26 mars 2014, à 20:12
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Oui, c'est cela, le trimètre ! (3x4 syllabes)
"J'ai disloqué/ce grand niais/d'alexandrin" V. Hugot (diérèse à "ni-ais")
-"D'une beauté si rare à bouleverser les sens" compte 13 syllabes ! (c'est le croche-pied !)
Sauf votre respect, le temps me manque pour démonter l'ensemble de vos erreurs, si vous écrivez effectivement "à l'instinct", vous êtes une espèce de prodige !
Je vous conseille de vous rendre sur le site de Oliverjane 1950 (Les Nuages De Vers), son dernier, ou avant-dernier post, indique comment se rendre simplement sur un site où l'on peut lire un ouvrage de Mr Sorgel, véritable "DTU" (Document technique unifié) de la prosodie classique ! - Sorgel traite également de "dissidence poétique", je ne saurais trop vous conseiller cet excellente base !
Bien à vous,
Salus

micheline1940 le mercredi 26 mars 2014, à 20:20
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http://www.mespoemes.net/micheline1940 Toujours pour vous Salus, j'ai bien noté en bas du texte que je présentais à la lecture une "Prose Alexandrine" et non de purs alexandrins, car je ne veux tromper personne. Et je verse plutôt vers le néo que le pur classique; Cependant, si je pouvais atteindre de bien réussir en Néo, pourquoi s'en défendre ? Il est vrai que Charles BAUDELAIRE représente pour moi un être doté de tant de sensibilité, que je ressens les moindres souffrances qu'il a pu subir dans cette trop courte vie qui fût la sienne. Son oeuvre me bouleverse immensément, et je relis souvent son merveilleux poème "La servante au grand coeur" qui me tire immanquablement des larmes. Et il n'est pas improbable que le début de mon Verger vous rappelle très certainement "J'ai longtemps habité sous de vastes portiques que les soleils marins teignaient de mille feux..."
Merci de votre long écrit dont j'essaierai, si j'en ai de plus amples explications, d'en tenir compte ! car je ne cesserai jamais d'apprendre si on veut bien m'instruire ! Sincère Amitié de Micheline

micheline1940 le mercredi 26 mars 2014, à 20:24
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http://www.mespoemes.net/micheline1940Je me renseignerai dès que possible sur les adresses données, et merci encore de votre com! Mi

micheline1940 le mercredi 26 mars 2014, à 20:28
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http://www.mespoemes.net/micheline1940

micheline1940 le mercredi 26 mars 2014, à 21:39
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http://www.mespoemes.net/micheline1940 - Pour vous, Nathan, j'ai répondu sur "Ton Paradis", car il n'y avait plus de place ni de possibilité d'envoyer un commentaire
et je ne comprends pas le pourquoi de la chose ! Mais je tiens à vous dire que votre émotion sur une ligne a suffit pour me dire votre émotion ! Merci de votre passage ! micheline

micheline1940 le mercredi 26 mars 2014, à 21:48
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http://www.mespoemes.net/micheline1940 Ma Chère Raphaëlle, qu'elle ne fut pas ma surprise, à l'envoi de ma répons de voir qu pas un mot n'avait franchi la page ! Et pourtant, j'avais tant pris de précautions avec les textes envoyés à Salus pour couper à temps et poursuivre ! Mais on ne gagne pas à chaque fois, la preuve !!! Merci à vous d'être présente cela me rassure, vu la qualité de vos textes !!! Amitié de Micheline

domidom le jeudi 27 mars 2014, à 11:06
De magnifiques vers pour imager de très beaux souvenirs....
A bientôt, Domie...

http://www.mespoemes.net/domidom

domidom le jeudi 27 mars 2014, à 11:06
De magnifiques vers pour imager de très beaux souvenirs....
A bientôt, Domie...

http://www.mespoemes.net/domidom

raphaelle13 le vendredi 28 mars 2014, à 20:18
Il n'y a pas de souci Micheline, vous n'avez pas à être rassurée puisque c'est tout à fait justifié...Et je retrouve encore un compliment sur votre page, alors que c'est à moi de vous en faire ici !
J'aime vraiment votre écriture...
Au plaisir sincère de vous lire, amitiés, Raphaëlle.

Omar le dimanche 16 juillet 2017, à 12:13
Bonjour Micheline:
Sublime ! Déjà le titre ouvre au romantisme « Le Verger des Regrets » comme l’aurait intitulé le grand Lamartine. Poème édénique chargé de sentiments, d’émotions et de sincérité : beaucoup de regrets en effet voire une certaine amertume qui serre le cœur. Je vous le dis, Madame, les deux dernières strophes m’ont fait pleurer.
Je vois ce beau verger que vous avez décrit avec précision et surtout beaucoup d’amour, il m’en rappelle d’autres qui sont aujourd’hui à l’oubli et surtout les maisons aux beaux carrelages noirs et blancs maintenant en ruine, de ces hommes et femmes, comme vos parents, ou grands parents qui ont peiné à mettre en valeur les friches de ces contrées.
Ce beau verger, avec toutes les espèces fruitières que vous avez délicieusement citées, me rappelle aussi notre petit jardin avec son poirier son pommier et ses églantiers et dont j’ai parlé dans un de mes poèmes précédents (Au fon de mon petit jardin, publié le 25 juin 2017) et que nous appelions « Tourtite » (diminutif de Ourti : grand jardin ou verger, terme dérivant du mot latin «Hortus » horticole. Mais là je ne vous apprends rien)
Je vous remercie, Madame, de m’avoir dirigé sur ce bel écrit. Et avec votre permission je l’ajouterai à la collection de mes poèmes préférés
Malgré toute la tristesse, tous les regrets, toute l’amertume, gardez Madame s’il vous plaît, le meilleur des bons souvenirs de votre enfance en ces contrées.
Je finirai mon commentaire avec ces vers empruntés à André Chénier :
[…]
Vous savez si toujours, dès mes plus jeunes ans,
Mes rustiques souhaits m'ont porté vers les champs ;
Si mon cœur dévorait vos champêtres histoires,
Cet âge d'or si cher à vos doctes mémoires,
Ces fleuves, ces vergers, Éden aimé des cieux
Et du premier humain berceau délicieux ;
[…]
Bien à vous et toutes mes amitiés.
Omar.

Micheline 1940 le lundi 17 juillet 2017, à 08:44
Bonjour au Poète du Beau Pays des Souvenirs,
J'ai le plaisir d'apprendre que vous avez pu goûter à mon jardin de l'enfance qui m'est plus que cher, et qui demeure profondément ancré dans mon cœur, protégé parmi les merveilleux souvenirs qui me sont miel et cendres... Et malgré le temps qui passe, inexorablement, rien ne peut m'arracher à ce passé merveilleux, qui nous a vu tous réunis et combien heureux ! Il est très difficile de se rendre compte de ce que peut être le bonheur, lorsque celui-ci est présent, comme une chose naturelle et durable. Enfant, on ne peut imaginer ses parents et grands-parents morts, ni même tout simplement absents. Ils sont là, près de nous, pour toute éternité pensons nous, car cela nous semble plus que naturel... Et puis le malheur s'annonce, force la porte et s'impose quand viennent les deuils, un à un, vous déchirer le cœur, vous faire comprendre que la joie et la fête sont à enterrer avec Eux et avec le passé. Et pourtant, ce passé, l'on s'entête à le ressusciter, pour arriver soi-même à continuer à survivre, du moins à le croire... Allons, ne nous attristons pas plus que de mesure, et faisons en sorte de sourire en y songeant, plutôt que d'en pleurer. Je suis du signe du Cancer, et ma destiné est de vivre dans le passé, celui-là même si délicieusement heureux, et je me nourris de cette mélancolie propice à la méditation et à la poésie, ferments d'un terreau où vagissent des vers que je cueille à l'occasion lorsqu'ils désirent surgir et se poser sur ma page.
Je vais lire votre poème sur votre jardin, qui fera admirablement écho au mien ! Je vous remercie de vous être arrêté pour visiter ce verger qui m'est si cher, et qui m'a donné tant de bonheur.
Je vous souhaite une excellente journée, cher Poète, et vous dis ici, toutes mes amitiés,
Micheline.

Micheline 1940 le lundi 17 juillet 2017, à 12:02
Excusez-moi, cher Poète, d'avoir oublié de vous remercier pour l'extrait de Ô Muses, accourez ... d'André Chénier qui est une pure merveille ! Je m'y suis replongée avec délice ! Encore grand merci de m'avoir permis de m'y ressourcer !
Toujours amicalement,
Micheline.

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