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MÉLANCOLIES
XVIII
PRÉDICTION
Je t’attends, Toi, mon Ange, au plus beau de nos jours,
Quand tu prenais ma main, la portais à tes lèvres,
Que l’embrun de tes yeux, me disait ton amour,
Et par malheur, aussi, du temps qu’il te restait,
Car la mort s’inscrivait sur le plat de ta paume,
Cueillant ta belle vie dans la force de l’âge.
Prédiction funeste à laquelle tu croyais,
Et me la dévoilais comme on confesse un crime,
Dans le creux de l’oreille en sanglots étouffés.
S’avançant sur La Baule en toilette argentée
La marée remontait, lentement, à regret,
Au clair obscur du soir qui sur nous deux tombait,
Et mes larmes coulaient sur ton cœur dévasté…
Ne pouvant échapper à la triste sentence,
Malgré nos soins constants tu fus, las, emporté.
Prédiction maudite en tout réalisée,
Vingt ans comptés après l’horrible affreuse annonce,
La perfide Camarde instillait dans tes veines
L’innommable poison, t’arrachant à la vie,
Te tuant sans pitié, comme il était prédit.
Vers Libres
Page 20
Cannes, le 2 Mars 2008
M.A.B.M.
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