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POÈMES À LA SUITE
XI
LA SOLITUDE ! UN LUXE OU FIDÈLE DÉTRESSE ?
Celle-ci, péremptoire et mienne toute entière
S’est imposée fervente et si dominatrice !
Étouffant la parole et tout espoir d’échange,
M’empêchant d’aborder aux rives inconnues,
Me confinant dans de moroses habitudes...
Vous, mes rêves lointains, plus fantasques que fous !
Et vous ! Mondes d’ailleurs, combien mystérieux,
Qu’ont abordés alors marins et capitaines !
Me serez-vous toujours fermés et ignorés ?
Je vous imaginais luxuriants, vibrants,
Aux ramages joyeux d’oiseaux si remarquables,
Emplumés aux couleurs d’un arc-en-ciel vivant,
D’insectes par milliers, joyaux murs, mordorés,
Purs bijoux animés que Dieu a su créer.
D’indescriptibles fleurs, des parfums envoûtants,
De profondes forêts ombreuses, giboyeuses,
De fleuves en cascade emmêlant leurs bruits d’eaux,
Sublime Nature aux mirobolantes faunes …
Vos languissantes mers colorées de saphir,
D’opale et de turquoise où glissent les dauphins,
La baleine lascive et les raies chasseresses…
Mon pâle imaginaire aurait-il pu rêver
Ces multitudes et ces brillantes palettes
De ces mondes lointains présentés à nos yeux ?
D’éblouissants et merveilleux panoramas,
Sur un tactile écran qui m'a vite emportée,
Toujours en solitaire et tant émerveillée !
L’Humanité peu sage en négligeant ces dons,
Détruit des paradis à jamais condamnés …
J’aurais aimé partir, m’étourdir des senteurs
Inconnues de ces fleurs vénéneuses et belles,
Traverser les halos fascinants des lumières
Diffusant l’irréel, en perçant les futaies,
Ressentir le frisson de l’inquiétant secret,
Et dans la solitude offerte et fraternelle,
Me griser de ce rêve à mon premier matin.
Vers Libres
Page 13
Cannes, le 09 Septembre 2012
M.A.B.M.
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