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POÈMES À LA SUITE
XXX
RÉSURRECTION
Mon corps sans âme fuit les fosses plus profondes,
Au risque de sombrer aux gouffres noirs immondes.
Âme effleurer sans fin les éthers souverains,
Filant vers des climats promis aux lendemains …
Longs siècles couleront, perdurera ma peine,
Et combien souffrirais-je en cette quête vaine ?
Et ma pauvre âme hanter ces dômes infinis ?
Ces baldaquins d’azur, rêves de Paradis?
Mon âme va, cherchant son pauvre corps mortel.
Le retrouvera t-elle aux marches de l’autel ?
S’y fondre et implorer la bénédiction,
Et la très Sainte Paix en consécration ?
À l’aube d’un matin, d’une nouvelle aurore,
Ces deux là useront la constance d'éclore,
Renouveler ainsi leurs émotions pérennes,
Pacifier enfin leurs tourmentes anciennes.
Et mon cœur brillera, tout comme ce Soleil.
Il couvera d’un feu intense et nonpareil.
Puis il réchauffera mon corps tremblant de froid,
Ce corps si malheureux, et tout vibrant d’effroi.
Enfin je sortirai de ce caveau humide,
D’un pas bien hasardeux, foulant un sol fétide,
Ma chair repoussera sur mes os nus et blancs,
Et mes yeux s’ouvriront aux bonheurs des enfants.
Page 33
Cannes, le 4 Février 2013
M.A.B.M.
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