Mélancolies

 

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Promenade À Florence

le mercredi 06 août 2014, à 18:14. Posté par Micheline


MÉLANCOLIES


XXVII


PROMENADE À FLORENCE


Sublime Florence, Toi, Cité des merveilles,
Perle très précieuse de l’émouvante Toscane,
Joyau serti au creux de tes douces collines,
Posé comme un baiser sur l’Arno endormi
Qui pourrait s’éveiller en sauvages caprices,
Aux berges indomptées en fouillis de verdures …
Toi, la Divine, troublante et plus qu’idéale,
Fière, et aussi marquée du lys rouge Martagon,
Tu nais de la brume irisée du matin pâle,
Rosissant aux premières caresses de Phébus.

Dans cette fine lumière diaphane et nacrée,
Tu relèves le front et acquières assurance,
T’épanouissant, Belle, en tes plus beaux atours.
Langoureuse, tu flânes le long du fleuve calme,
Où se mirent palais, grandes arches et ponts,
Reflétant leurs façades de pierres alanguies,
Tiédies par le soleil, astre resplendissant,
Qui chaque jour alterne, et aux mêmes endroits,
Grandes ombres dorées aux éclats de lumière.
J’ai ressenti pour Toi un coup de cœur unique,
Et pour cela Tu resteras dans ma mémoire …

Surgissant des antiques pavés anthracites,
Ton Baptistère octogonal s’épanouit
En feuillures alternées de marbres blancs et verts.
Ses impressionnantes portes de bronze noble,
Sculptées précieusement et dorées à l’or fin,
Porte du Paradis et puis celle de l’Enfer
Décrivent les délices et les tourments aussi …
Porte sud, sculptée en six ans par Pisano,
Conseillé, le croit-on, par Giotto le grand maître,
Couverte de vingt panneaux du plus pur gothique,
De scènes très harmonieuses et fort délicates,
Raconte pour partie la vie de Saint Jean Baptiste.

Porte nord, du célèbre Lorenzo Ghiberti,
Modulation gothique de grande poésie,
Aux montants en frises de têtes si harmonieuses,
Et dont l’une représente son autoportrait,
Accapara le sculpteur vingt et une années !

De front à la Cathédrale, sa seconde porte
Que Michel Ange jura digne du Paradis,
Travaillée dans le style du plus pur renaissant,
Bas reliefs très inspirés par Donatello,
De dix panneaux relatant l’Ancien Testament,
D’amples compositions riches de personnages,
D’architectures et paysages ineffables,
Prit à Ghiberti vingt sept années de sa vie !

Derrière le Baptistère s’exprime une imposante
Basilique habillée de marbres blancs et noirs,
Sainte Marie des Fleurs la superbe, qui s’offre
Déroulant sa façade sublimée à merveille,
De sculptures et colonnes, fenêtres à décors,
Développant la plus admirable coupole
Que Brunelleschi « grand architecte des Anges »
Entreprit, élégante et si majestueuse,
Dans son octogonale et altière envolée
De cent quatorze mètres montant vers le ciel,
Un pur chef-d’œuvre unique de par le vaste monde.

Très curieusement érigé en solitaire,
Détaché de l’église et sans entrave aucune,
Dans une poussée que rien ne peut arrêter,
Transperçant l’azur de ses quatre vingt cinq mètres,
Dans son fin corset de marbres blanc, rose et vert,
Lignes horizontales aux couleurs alternées,
De pure architecture gothique florentine,
Dominant de son faîte une vue imprenable,
L’altier Campanile de Giotto s’élance et vibre
Dans le bleu céleste et tendre, clair et frémissant,
Résonnant d’innombrables et ponctuelles cloches
Des vingt et une églises, cinq chapelles et sept cloîtres,
Sonnant à l’unisson l’Angélus et les Vêpres.

Place de la Seigneurie dans le soleil couchant,
Flamboyant sous un hâle empourpré d’ocre rouge,
En dominant l’espace de sa masse cubique
Et rigide, s’émeut aux lueurs crépusculaires
Le Vieux Palais sévère aux abruptes murailles,
Fermement ceinturées de grands mâchicoulis,
Exhaussant superbement sa Tour crénelée.

Sur les roides façades, deux rangs d’ouvertures
Gothiques géminées et habillées de verre,
Versent mille feux au David de Michel Ange.

En grand contraste rompant avec l’extérieur,
Les salles regorgent à foison de richesses
Sur leurs hauts murs décorés de larges perspectives,
Paysages et colonnades en trompe l’œil,
Fresques monumentales et tableaux prestigieux,
Des plafonds à caissons se couvrent d’enluminures.

Les arcades légères en Loge du Palais,
Soulignées finement de panneaux polychromes
Sur fond d’émail azur comme ton beau ciel Florence,
Sollicitent une pause, quand la statuaire
Exposée là, simplement, sans ostentation,
Ces pures merveilles, saisissantes perfections
D’indicible beauté, vous font monter les larmes,
Transportant l’émotion dans la sphère du divin.

Et l’androgyne Persée, bronze de Cellini,
Tenant d’une main ferme qui ne faiblira point
La lourde chevelure de serpents emmêlés,
Bêtes maléfiques, convulsives et sifflantes
Sur la tête tranchée de l’horrible Méduse,
Gorgone grimaçante dont le regard éteint
Ne tuera jamais plus qui le rencontrera,
Plante dans le cœur ému un tel clou d’effroi
Qu’il est bien difficile de cacher son émoi !

Le Palais des Offices, bel écrin de merveilles,
Édifice élégant à deux ailes parallèles,
Se referme en étau sur une très longue place,
Et sert de trait d’union du Palazzo Vecchio
Au Ponte Vecchio, jusqu’aux berges de l’Arno.
Sur ses quatre niveaux, et se faisant bien face,
Fenêtres en kyrielle, doublement alignées,
Rythment bien les façades postées en vis-à-vis,
Se côtoyant jusqu’à un portique d‘alliance.
Et là, dans ses vastes salles multiples et riches,
Vous pourrez aussi bien et pleurer ou mourir
De bonheur ou de joie en extase infinie …
Avalanches de trésors offerts à vos regards,
Salles immenses, vastes corridors regorgeant
De sublimées splendeurs à tomber à genoux …
Et qui vous laisseront à jamais éblouis !

Le Ponte Vecchio, ouvrage très pittoresque
Surmonté de boutiques à auvents antiques
De bois agrémentés de ferrures ouvragées,
Relie, par le long corridor de Vasari,
La Galerie des Offices au Palais Pitti
Implanté sur la berge opposée de l’Arno.
Ce siège permanent des bouchers de la Cité,
Côme Premier le décréta Pont des Bijoutiers
En y appelant orfèvres et argentiers,
Afin d’y remplacer les premiers occupants,
Disséminateurs d’odeurs fort incommodantes.
Un charme très particulier plane sur ce pont
Se rattachant à la Place du Nouveau Marché,
Où le sanglier de Taca fait bonne garde.
Les touristes en passant lui caressent le groin
Donnant au bronze lustré l’apparence de l’or.

Citons pour le plaisir les Jardins créatifs,
Parcs et Bois pensés par les plus grands artistes,
Tracés d’allées bordées de splendides statues
Sous frondaisons ombreuses, vibrantes dans la brise,
Aux fontaines pleureuses, toutes miroitantes
D’eau chatoyante et claire, abreuvant les oiseaux
Aux trilles mélodieuses en odes aux ciels si clairs,
Déversant sur Florence leurs fins voiles de lumière.

Une pensée, ici, au jardin d’Éléonore,
Splendeur créée sur la colline Boboli,
Par le souhait de l’épouse de Côme Premier.
Il a conservé un style haute renaissance,
À bouquets d’arbres, de prés, d’antres et fontaines,
Où posent les œuvres sculptées des plus grands Maîtres.
Parmi elles, les deux prisonniers de Michel-Ange,
Installés à l’entrée de l’une des deux grottes,
La deuxième hypogée abritant dans son sein
La resplendissante Vénus de Jean Bologne.

Il faut emprunter toutes ces allées, sans hâte,
Déboucher sur le surprenant amphithéâtre,
S’attarder sur les lignes d’une vasque de granit
Exprimant de si belles et vastes proportions !
L’Obélisque égyptien appelle l’œil rêveur,
Et, poussant plus avant notre pas bien tranquille,
Découvrons par surprise le Palais Méridien …
Enfin, s’offre à nos yeux une vue stupéfiante
Sur la Cité des Arts et ses douces collines.

Les Casciné, ce Parc mirobolant des Grands Ducs,
Très tôt ouvert au public du dix huitième siècle,
Enracine d’est en ouest les berges de l’Arno.
Une promenade vous est fort recommandée
Dans ce vaste cadre verdoyant, pour rêver
Aux œuvres admirables déjà visitées.

Le soir, dirigeons nous vers la place Michel-Ange,
Pour accéder, enfin, au site du Belvédère …
L’Arno, nonchalamment, scintille des mille feux
Des derniers longs rayons de l’astre descendant,
Éclaboussant encore d’un fin chatoiement d’or
De moire et de sequins Florence, la plus que belle,
Tiède enchanteresse, lançant ses reflets fauves
Au firmament muet, ébloui dans l’attente,
Dont les roses et les mauves vous ensorcellent l’œil.

C’est le juste moment d’embrasser la Divine
D’un regard circulaire sertissant sa beauté,
Quand toutes ses collines viennent mourir à ses pieds,
Caressant, tout autour, ses limites magiques,
Dans un concert de cloches, tout dédié au Ciel.

Texte en Prose

Pages 33 à 37
Cannes, le 28 Mai 2008

M.A.B.M.
Droits Réservés


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commentaires ( 8 ) (Ajouter un commentaire)
louis le mercredi 06 août 2014, à 19:12
-Merci pour ce beau voyage que j'aimerais faire dans les meilleurs délais! Amitiés. Richard.---
http://www.mespoemes.net/micheline1940

Domidom le mercredi 06 août 2014, à 21:32
Un grand merci pour cette merveilleuse balade, grandiose et tellement bien imagée.....
Ce fut un régal....
Amitiés, Domie...
http://www.mespoemes.net/euphonie0

Guy le jeudi 07 août 2014, à 00:45
Que de beaux souvenirs d'un temps heureux, déjà lointain, passé en Toscane avec mon épouse. Nous y avions découverts tous ces trésors que vous avez su merveilleusement décrire. Merci pour les rappels de ce beau voyage.
Amitiés
http://www.mespoemes.net/renato

micheline1940 le jeudi 07 août 2014, à 03:48
Merci à vous, mes Amis, Richard, Domie et Guy, qui avez eu la patience de me lire jusqu'au bout sans reprendre souffle ! Un challenge s'il en fut ! Avec toute mon amitié et mes souhaits de bonne nuit. Micheline.
http://www.mespoemes.net/micheline1940

fokouajeancarlos le jeudi 07 août 2014, à 09:51
Bonjour Micheline. Votre texte est très beau; j'ai pris un énorme plaisir à lire et à relire. C'est un poème très travaillé. Une vraie petite perle car je dois avouer j'ai appris un peu plus sur cette mythique ville de Florence, symbole de la renaissance.
J-C

micheline1940 le jeudi 07 août 2014, à 17:50
Bonjour à vous, J.C., et vous me voyez ravie de vous avoir donné l'envie de découvrir ce joyau qu'est Florence ! Si vous vous y rendez, jamais ne le regretterez et toujours vous vous en souviendrez ! Amitiés, Micheline.
http://www.mespoemes.net/micheline1940

ivy le vendredi 08 août 2014, à 08:30
Ah, Florenza la bella !
C'est amusant, je venais de retrouver des photos sur mon ordi, prises lors d'un séjour à Florence où mon mari avait couru un marathon, quand je suis tombé sur ton texte. Que de beaux souvenirs !
Merci !
Amitiés
----

micheline1940 le dimanche 10 août 2014, à 01:05
Bonsoir Ivy !
Les coïncidences sont choses curieuses, et quelquefois nous épatent vraiment ! Heureuse de vous avoir fait vous remémorer de beaux souvenirs ! Amitiés, Micheline
http://www.mespoemes.net/micheline1940

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