Mélancolies

 

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Pêcheurs d'Âmes

le jeudi 27 novembre 2014, à 17:09. Posté par Micheline


MÉLANCOLIES


XXXIII


PÊCHEURS D’ÂMES


En Terre Bretonne, légende se murmure
Qu’en la profonde mer l’âme des grands marins
Perdus en mauvais temps, hante les goélands
Criaillant et planant lentement sur la vague.

Louvoyant le flot sombre ourlé de fine écume,
Ils exhortent cette âme, hors du halo diffus,
L'accablée, triste en pleurs, de malemort souffrant,
Auréolée d’un voile évanescent de brume.

Dans un souffle elle adjure « ô frères compagnons,
Donnez-moi la pitié, venez cueillir mon corps
Afin de le porter sous le granit sévère,
En sépulture chrétienne, en terre consacrée ».

La mer berce en ses flots ces noyées égarées,
Voguant dans l’infini lugubre des abysses,
Et pour fuir l’épouvante où elles errent sans fin,
Implorent leur salut et l’ombre d’une croix.

Toi, dont la compassion vient en aide aux vivants,
Aie pour ces condamnées une larme en mémoire.
Les ailés voyageurs hantent les mornes flots,
Hélant les spectres, las, du Monde des Abîmes.

Et toi, marin sur l’onde, entend-les ces errantes
Souffrant mille tourments, dans leurs pleurs et suppliques.
Aussi, donne pitié, écoute leurs douleurs,
Recueille toi et prie pour délivrer leurs peurs.


Prose Alexandrine


Page 55
Cannes, le 22 Juillet 2008

M.A.B.M.
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commentaires ( 13 ) (Ajouter un commentaire)
Micheline 1940 le jeudi 27 novembre 2014, à 17:42
Je vous propose là un texte tout en prose que je nomme "Alexandrine" par ce que chaque ligne se scande en 12 syllabes, autant dire des vers libres ... C'est osé, je le sais ... Mais peut-être pourrez-vous, mes bien chers amis, me dire si j'ai fauté en cet essai tenté ?
Cannes est sous des averses qui ne cessent de tomber, en pénombre sous un ciel bas de toute la journée. Aussi j'ai repêché dans cette eau abondante qui noie nos plus petits espoirs d'un ciel serein, ce texte du malheur qui en rien nous consolent ...
Bien amicalement,
Micheline.

rivaudais le jeudi 27 novembre 2014, à 17:46
J'apprécie. Belle maîtrise du verbe et du vers. Je vous relirai avec plaisir et profit? Êtes-vous bretonne?C'est vrai que les anciens prétendaient que les goélands crient pour le repos de l'âme des péris en mer. Voici un poème que Victor Hugo Leconte de Lisle-qui vécut en Bretagne, Hérédia, s'il avait délaissé ses sonnets et d'autres et bien certains des meilleurs poètes bretons auraient sûrement aimé revendiquer.

Micheline 1940 le jeudi 27 novembre 2014, à 18:38
Bonsoir cher Monsieur,
Bien que je le regrette, et ce, infiniment, je ne suis pas bretonne. Mon doux époux l'était, Bigouden par sa mère, me faisant bien connaître la si belle Bretagne avec tout cet amour qu'il portait au Pays.
Vous me gâtez vraiment et j'en reste confuse, écrivant que ma prose aurait plu aux Poètes, même des plus grands, me laisse sans voix ! Je n'ai jamais osé envoyer cette pièce ... si triste, comme la mer en la morne saison.
Voici que tout à trac m’arrive, comme folle habitude, dès le texte posté, de découvrir tournures laides à corriger ! Et voilà, qui est fait ! J'ai dans l'instant retaillé dans le troisième vers du deuxième quatrain... C'est une maladie ! Toute sempiternelle … Et suis presque certaine qu’une relecture appellera d’autres corrections … Merci ami poète ! Votre amical écrit m’a réchauffé le cœur. J’en avais tant besoin !
Bien sincèrement,
Micheline.

Guy le jeudi 27 novembre 2014, à 19:17
On croirait lire un texte des "Contes et Légendes" des régions que je lisais enfant.
Et en Bretagne c'est riche de légendes !
Amitiés

melifica quercylibre le jeudi 27 novembre 2014, à 23:24
La musique des mots se suffit à elle même ,l'histoire est superbe par son intensité dramatique,ne corrigez plus ,osez encore nous surprendre.
merci

larose le vendredi 28 novembre 2014, à 15:38
Bonjour Micheline!!!
Comme ils disent ton poème est magnifique!!! Merci pour ce beau partage!! Bonne soirée et BW à toi!! Amitiés

Micheline 1940 le mardi 02 décembre 2014, à 06:32
Bonjour Guy !
Merci d'être passé me lire, et c'est toujours plaisir de lire votre signature.
Bien amicalement,
Micheline.

Micheline 1940 le mardi 02 décembre 2014, à 06:43
Bonjour Melifica !
Je suis repassée, las, encore sur ce texte et dès lors, ne puis plus le laisser dans cette forme ci. Je le reposterai malgré ma retenue, et pense qu'il aura pris de meilleures couleurs. J'essaierai de vous surprendre donc, comme vous me le demandiez si sympathiquement.
Bonne journée à vous, et merci pour votre élogieux commentaire.
Bien amicalement,
Micheline.

Micheline 1940 le mardi 02 décembre 2014, à 06:46
Une Rose est passée ... et j'en ai vu la trace!
Bien amicalement,
Micheline.

louis le mardi 02 décembre 2014, à 16:48
J'avais déjà lu et relu votre poème.
Je serais malvenu de ne pas vous remercier pour ces quelques moments de lumière, même si le vers libre n'est pas ma tasse de thé. Saurez-vous m'en pardonner?
Amitiés sincères. Richard.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 03 décembre 2014, à 17:46
Eh bien, chère Micheline, toi/vous qui me fais(te) l'amitié de me commenter régulièrement avec tant de gentillesse, je m'en veux, depuis que je suis rentré d'avoir tant tardé à te/vous commenter. Gris bêta que je suis, chaque matin je commence par commenter les poèmes du jour des ami(e)s et ainsi je ne peux remonter dans le temps pour lire les écrits de ces 3 dernières semaines. Alors, courtoisie et galanterie oblige, je vais directement sur ton/votre site et, a minima, je commence par cette délicate alexandrine :
"Pêcheurs d'âmes" ! Tu/vous me ramène à mon enfance où je me nourrissais de tous ces contes et légendes, surtout ceux ayant trait à la mer. Moi qui adore l'opéra de Wagner "la Vaisseau fantôme" ou Fedora, ce sublime film de Billy Wilder, ces pêcheurs d'âmes semblent en être une sorte de miroir. Un écrit délicat, "enchanteur", dans l'acception première du terme ! Les errantes, les souffrances mugissent. Mais n'est-ce le vent du large qui mugit et colporte des légendes oubliées. Mer, tu es si souvent tombeau. Soit Lumière un instant. Il ne reste qu'une larme en mémoire ? Alors oui, elle est pour les condamnés, les misérables. Pour chacun d'entre nous ? Comme je l'écris souvent en fonction conclusive de certains de mes poèmes :"On a tous dans le coeur, une larme oubliée/Un peu de sang séché". J'ai eu énormément de plaisir à lire et relire ton/votre alexandrine, Micheline. Je t'adresse mes plus chaleureuses amitiés. Merci pour ce beau partage. A bientôt. Philip.

Micheline 1940 le mercredi 10 décembre 2014, à 05:03
Vous êtes tout pardonné, ami Louis, et merci d'avoir lu, malgré tout, ce texte libre qui m'est un signe amical infiniment apprécié !
Bien à vous,
Micheline.

Micheline 1940 le mercredi 10 décembre 2014, à 07:02
Bonsoir Philippe, vous ne le croirez peut-être pas, mais c’est la troisième fois que je recommence ce texte qui s’est échappé par deux fois à cause d’un copié/coupé au lieu d’un copié/collé ! Je n’arrive pas à comprendre ce qu’a pu faire ma main … Un Jnoun, ou pire encore, se sera emparé de mes doigts ! Je pense qu’il aura grand faim de sommeil et se demande si, ainsi, je vais me catastrophe et renoncer à vous répondre ! Que nenni ! Mais j’essaierai d’être plus concise et beaucoup moins évanescente. Je vous remerciais donc de votre bien aimable commentaire, et vous exposais mon désir de reposter ce texte qui ne me convenait plus du tout, que j’y étais retournée par trois fois, et que cette habituelle et pénible situation me torturait infiniment, car certains de mes textes, presque tous, en fait, subissaient de sévères raccommodages ! C’est un fait, et n’y puis mais ! Aussi, je laisse encore mûrir mes repentirs qui peuvent peut-être, et qui sait, en produire quelques autres … avant de reposter un travail plus abouti. Comme vous, j’aime Wagner dont les couleurs musicales peuvent gémir et mugir sous la coque de son Vaisseau fantôme avec une impressionnante intensité, mais j’adore Mahler dont la puissante et infinie douceur, comme, également la profonde dramaturgie, me bouleversent « al di là » de toute expression ! Quant à « Fédora » de B. Wilder, on ne peut imaginer en visionnant cette œuvre, qu’il est également le père pétillant de prestigieuses et inoubliables comédies qui illuminèrent ma bien lointaine jeunesse. Je ne vais point digresser sur un paragone qui me mènerait trop loin, car il me faut aller chercher un peu de repos dans mes draps délaissés depuis une trentaine d’heures ! Il est temps de vous quitter, de vous souhaiter une excellente journée douce et ensoleillée, et de vous dire, cher ami, toute mon amitié.
Micheline.


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