Mélancolies

 

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Une Mort Annoncée

le jeudi 08 janvier 2015, à 02:43. Posté par Micheline


MÉLANCOLIES


LVIII


UNE MORT ANNONCÉE



Pour Toi, j’aurais voulu m’emparer de la lune,
Tes rêves les fixer sur ses monts opalins,
M’employer à voler au soleil flamboyant
Des rayons chaleureux, pour en tisser l’habit
Qui t’aurait protégé de ce froid si cruel,
Te glaçant tout le sang depuis de si longs mois !

J’entends encor ta voix me souffler à l’oreille
- Je ne crains pas la mort, mais, pour toi, j’ai si peur !
- Je ne serai plus là pour bien te protéger,
- Mon cœur flanche et panique à force d’y songer !
- Que vas-tu devenir dans ce monde brutal
- Contre lequel je n’ai pas pu te préparer?

Ta perpétuelle et déchirante inquiétude
Sublimait tout l’amour qui me portait vers Toi.
Je ne savais comment apaiser ton tourment,
Et ne devais donner libre cours au chagrin,
Étouffant dans mon sein les angoisses et larmes
Pour offrir à ta crainte un visage serein.

Je n’osais t’avouer ô combien je t’aimais !
Montrer l’épouvante qui me déchirait l’âme,
Craignant de m’effondrer en sanglots sur ton cœur !
Faiblesse à éviter pour ne pas t’alarmer …
Et cette force dont je fus enfin capable,
De toujours m’imposer de ne jamais montrer
Ma détresse en panique, et l’effroi de te perdre.

Gisant livide sur ton grand lit d’hôpital,
Décharné, bras en croix, transfusé jours et nuits,
Tu souffrais dans tes os, dans ta chair, dans tes veines.
Et scrutant mon regard, cherchais au fond de moi
La moindre inflexion, la plus petite alarme,
Tandis que j’occultais l’horrible vérité …

Cherchant à te convaincre que tu allais guérir
Et te persuader de garder bon espoir,
J’ai tu mon affliction, me montrant enjouée,
Sourires engrangeant dans mon cœur dévasté.
Tu t’agaçais, disant que je ne voyais pas
Ton dépérissement et ta fin très prochaine !

Un soir, tu murmuras: « comme j’ai mal à l’Âme ! »
Éperdue je pressais très doucement tes mains,
Posant sur ton doux cœur chancelant de chagrin,
Mon front endolori par l’indicible adieu …
Et dans un long inspir, tu partais pour les Cieux.
Saint Pierre te recevait, l’Enfer m’engloutissait …

Je n’ai jamais reçu, non plus jamais donné
D’aussi doux, d’aussi longs, d’aussi tendres baisers,
Alors que, lentement, tes paupières baissaient
Sur tes yeux s’endormant pour leur éternité.

Prose Alexandrine

Pages 89 et 90
Cannes, le 3 Février 2009

M.A.B.M.
Droits Réservés

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commentaires ( 4 ) (Ajouter un commentaire)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le jeudi 08 janvier 2015, à 08:22
Enormément d'émotion à la lecture de ton/votre poème, ma chère Micheline.
C'est la raison pour laquelle il m'intime un court commentaire, en signe de respect. Que ta peine, par l'alchimie de l'Amour Eternel transforme au fil du temps ces larmes qui peut-être perlent encore parfois, en des diamants, les plus pur, les plus beau, à l'image de tout l'amour que tu/vous ne cesseras de porter à ton cher compagnon. Respect et amitié, Micheline. Bien à toi/vous. Philip.

Micheline 1940 le vendredi 09 janvier 2015, à 19:08
Merci, cher Philippe, de votre mot si doux et délicat. Vous avez su me bien comprendre, et vous en remercie du fond du coeur. Je sens que ce texte a peut-être effrayé quelques lecteurs ... avec seulement 37 lectures, peu ont essayé de venir vers moi, et je sais combien c'est difficile ... Mes meilleures et sincères amitiés à vous, cher ami.
Micheline.

Guy le dimanche 11 janvier 2015, à 08:33
Je vous ai lu chère Micheline.
Mais ce texte mène chacun vers plus d'émotion et de réflexion personnelle que de commentaires.
Et j'avoue que, personnellement, et sans rapport avec votre écrit, les événements récents m'ont un peu coupé l'envie d'exprimer ce qui pourrait être superficiel ou banal.
Amitiés

Micheline 1940 le dimanche 11 janvier 2015, à 11:32
Bonjour Guy,
J'ai travaillé et réfléchi toute la nuit, et il m'est arrivé de me révolter en regard de tout ce qui est arrivé d'affreusement tragique, cruel et inadmissible dans notre Pays de Liberté qui, entre nous, s'autocensure depuis bien trop longtemps, sans pour cela éviter les tourments !... Il m'est atrocement pénible de constater aussi cette chose incroyable qu'en France on abat des otages, alors qu'à l'étranger on les rachète à prix d'or. Comment se fait-il que leur valeur ne soit pas équivalente ? Qu'une vie en métropole n'ait pas l'aura qu'elle prendrait immanquablement en dehors de nos frontières ?
Je vous remercie, cher ami, d'avoir pris la peine de me dire votre sentiment dans cette atmosphère de douleur qui nous serre le cœur et nous bouleverse l'âme.
Avec toute mon amitié,
Micheline.

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