Mélancolies

 

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In Memoriam

le mercredi 04 mars 2015, à 04:45. Posté par Micheline


POÈMES AJOUTÉS


XXIV


IN MEMORIAM



Il me fût, las, toujours difficile de vivre,
Et encor, aujourd’hui, j’en souffre mêmement.
Je dépéris d’absence, et ce vide m’obsède,
Enlevant à ma vie tout son sens et son sel.

Ma coquille laissée, par l’ermite à l’étroit,
Je n’ai plus recherché d’occupant à sa conque.
S’il faut d’un locataire, enfin, s’accommoder,
Tous n’ont point la finesse essentielle qui plait.

En famille, j’aimais tout ce qui réunit,
Fuyais l’agitation, redoutais le vain bruit,
La perturbation, les bouleversements
Émotionnaient ma nature et mon pâle être.

Lévitant hors du monde et n’y ayant pas froid,
Plus rien ne me manquait, je m’y bien complaisais.
Il m’était dit, qu’en rien, je ressemblais aux autres,
Et toujours me posais la question du pourquoi.

« On se demande, là, d’où tu peux bien venir! »
Phrase violente pour l’enfant que j’étais.
Ma jeunesse fût, donc, pavée de solitude,
Qui me convenait pour penser en quiétude,

Celle me permettant de rentrer en moi-même,
En mon âme chercher l’émotive discrète,
Qui s’enrichissait dans la musique et les vers.
À loisir et toujours je m’y complais encor.

Mon Père était un sage en tous points merveilleux !
La belle qualité de son âme irradiait !
De plus, il était beau, magnifiquement beau !
Et son cœur était d’or, du pur or, doux et chaud.

Sa voix savait chanter les grands airs d’opéra
Qui traversaient l’huis de la salle de bains.
Jamais n’ai retenu une seule injustice.
Il était généreux comme père et ami,

Et à cette heure sais qu’encore je l’adore,
Et qu’il me manquera jusqu’à mon dernier jour.
De mon passé il me reste tant de regrets !
De l’enfance, mon Père et mon pays perdu.

Les Crêtes, la maison qui nous a vu grandir,
Cette propriété, notre Arche de Noé,
Ce lieu cher à l’amour porté aux animaux.

Et notre parenté, sous terre, et loin de nous.
Sera t-elle respectée dans le repos des corps ?
J’aimerais une fois, une dernière fois,

Me recueillir devant la pierre qui la couvre,
Sépulture rongée de lichen et d’embruns
Qui hardiment se tient face aux soleils défunts.


Prose Alexandrine

Page 27
Cannes, le 13 Février 2015

M.A.B.M.
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commentaires ( 14 ) (Ajouter un commentaire)
Ivy le mercredi 04 mars 2015, à 09:19
Bonjour Micheline,
Comme je me retrouve, ainsi que mon père dans tes vers.Mon père ne chantait pas l'opéra mais jouait le piano et chantait tout le temps.Le 29 mars fera un an qu'il nous a quitté, sur l'île de la Barbade j'ai passé le jour de son anniversaire sur sa tombe.

Amitiés, Ivy

Ivy le mercredi 04 mars 2015, à 09:23
Oubli: J'avais déjà prévu d'arriver le 22 avril, la veille de son anniversaire.

Kvist le mercredi 04 mars 2015, à 09:43
Le deuil est un soleil qui s'éteint. Je pense à mon fils dont le soleil de sa vie ne me réchauffe plus. Je comprends votre désarroi.
Bonne route dans votre vie.

Micheline 1940 le mercredi 04 mars 2015, à 11:39
Bonjour Ivy,
Grand-mère avait pour habitude de dire que tout le Monde est Monde, et quelque soit le pays traversé, il était rare de ne pas, et presque toujours, retrouver un coin qui ressemblait à sa région natale. J'ai pu observer la véracité de son assertion au Mexique, traversé de part en part. Et j'y ai retrouvé la savane d'Afrique, les alpages de Suisse, le paysage de la Castille, et autres forêts vierges ! Les destins aussi peuvent se ressembler, les vies de famille également, et l'on peut en parler entre soi avec beaucoup de plaisir teinté de nostalgie douloureuse, car tout le meilleur qui est maintenant derrière nous, manque immensément à notre épanouissement ... Je suis triste d'apprendre que mes quelques lignes vous aient rappelé un sombre souvenir, celui qui étreint le cœur et l'âme, tous deux ensemble et pour jamais ! Toutes deux avons perdu le Père ... Rendons- leur grâce pour tout l'amour qu'ils ont su nous donner, avec ce sentiment d'éternel regret d'amour filial infini que nous leur portons.
Je vous souhaite une belle journée !
M.

Micheline 1940 le mercredi 04 mars 2015, à 11:50
Bonjour Kvist,
Nul n'échappe à la douleur du deuil, et celle plus grande encore de l'enfant disparu qui laisse les parents démunis et en douleur pour la vie. Je ne sais que dire devant un tel malheur, aussi grand, aussi cruel et affreux ! C'est la raison pour laquelle je vous prie d'accepter le sentiment de peine qui m'habite en cet instant d'écriture, et de croire à ma plus vive sympathie. Bien amicalement,
M.

imparfaitlibre le mercredi 04 mars 2015, à 13:27
Bonjour Micheline,
Une très belle dédicace pour votre père dans laquelle vous écrivez tout l'Amour et tout le respect que vous lui portez et que vous lui porterez jusqu'à votre dernier souffle.
J'ai la chance d'avoir encore ma mère que vous connaissez (Domidom du site), ainsi que mon père qui vit dans le sud de la France et je regrette que cette distance qui nous éloigne les uns des autres, nous prive en même temps de tant d'éteintes sur le coeur.
Je n'ose penser à ce sera ma vie lorsque Dieu aura décidé de rappeler l'un ou l'autre de mes parents.
Un poème émouvant, tout en douceur ou l'émotion ne peut que nous gagner.
Merci pour ce moment de partage Micheline.
Je vous souhaite une bonne journée.
Amitiés
mespoemes.net//imparfaitlibre

Micheline 1940 le jeudi 05 mars 2015, à 06:44
Bonsoir/jour Imparfait !
Je vous envie de pouvoir serrer vos parents dans vos bras dès que l'amour vous submerges ! C'est une joie et un bonheur que l'on ne peut mesurer quand il est à portée ! Profitez-en, et abusez même, faîtes grande provision de tendresses, car ces doux moments si parfaitement merveilleux, vous manqueront infiniment, immanquablement, terriblement, douloureusement ! Je vous remercie pour votre délicat commentaire, et vous souhaite une délicieuse journée.
P.S. Super extra d'avoir une Maman Poétesse, car à vous deux, vous faites "Académie !"
Bien amicalement,
M.

Micheline 1940 le jeudi 05 mars 2015, à 06:47
vous submergE bien certainement !
M.

Ivy le jeudi 05 mars 2015, à 15:45
Ne soyez pas triste pour moi Micheline.
Mon père qui ne laissait rien le 'démonter', était la joie de vivre même. Et bien que ce soit encore douloureux, c'est ce souvenir que je garderai toujours de lui.
Amitiés

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le jeudi 05 mars 2015, à 19:14
Bonsoir Micheline. Comme je le fais maintenant de plus en plus souvent, juste un petit bonjour au passage pour te/vous dire que tranquillement, demain (à l'aube, en principe) je prendrai le temps de faire un commentaire avisé à ton/votre poème. Douce soirée, et à demain. Philip.

Micheline 1940 le vendredi 06 mars 2015, à 06:26
Merci cher Philippe pour votre coucou amical !
Amitiés au Poète !
M.

Philip de Berg (JARDIN DE LIUNE) le samedi 07 mars 2015, à 10:22
Bien chère Micheline,
C'est avec retard que je viens enfin commenter ton/votre poème.
Beaucoup d'émotion à le lire. Je livre peu, en public, des choses concernant ma vie. Mais comment ne pas penser, les années passant à mon enfance blessée par le manque. J'ai eu la douleur de perdre ma chère mère, alors que je n'avais que 7 ans. Presque aucun souvenir d'elle ne me reste (nous faisions très peu de photos). Mais des impressions : dont celle d'un regard infiniment doux. Ses traits sont flous pour moi, aujourd'hui. Mais il reste cette impression de douceur, perdue il y a bien longtemps. A cela se rajoute l'image d'un père, sévère, très peu aimant à mon égard. Ce sont parfois les cruelles réalités de la vie. Un père pourtant admiré. Plus qu'admiré, vénéré, car très cultivé et très érudit. Quelqu'un de brillant. Mais sans amour pour moi. Je lui dois mon goût pour la Culture. Ce n'était pas une obligation, mais je voulais tant lui ressembler. Vite remarié, il me visitait, et "faisait le chèque" tous les mois à ma chère grand-mère qui m'élevait, une femme d'une grande classe, un peu artiste. Et ce que je dois à ce père sans amour, c'est quand même la chance de m'avoir payé les meilleures études. J'en ai acquis un métier passionnant et valorisant. Et le jour, où, ayant la chance de cumuler deux fonctions, l'on me fit l'honneur de me permettre d'enseigner le droit dans les écoles d'administration territoriale, je lui fit part de ma légitime fierté de cette sorte de reconnaissance sociale. J'étais devenu expert dans certains domaines du droit et estimé. Je n'oublierai jamais la réponse, caustique, qu'il me fit : "Tu es comme les généraux russes, tu aimes accrocher des médailles au revers de ta veste !". Je venais simplement de lui montrer avec fierté un article d'une revue juridique précisant je j'étais le spécialiste en France d'un domaine juridique dans le milieu des collectivités territoriales. Peu de choses, mais j'en étais tellement fier !
Voilà chère Micheline, c'est à toi/vous que j'ai confié tout cela (certains repasserons peut-être sur ton poème et lirons tout cela). Pour une fois je n'ai presque pas parlé de ton/votre poème.
Mais j'y retiens un vers : "De mon passé il me reste tant de regrets ! ". A moi, aussi, mais sous un angle différent.
Alors, j'ai lu et relu ton/votre poème.
Je retiens que nous sommes ce que la vie a façonné de nous, avec des émotions, tant de ressentis qui nous ont marqué, modelé même.
Hier soir, au téléphone, avec un ami poème, nous en venions à la conclusion qu'en général quand on devient poète - même amateurs comme nous le sommes - nous avons de la sensibilité à fleur de peau.
A très bientôt, chère Micheline, et vous me pardonnerez cet épanchement très personnel. Avec toute ma chaleureuse amitié. Philip.

Micheline 1940 le dimanche 08 mars 2015, à 07:51
Cher Philippe,
Combien grande est ma tristesse d'apprendre ainsi la disparition de votre chère Maman, à l'âge où l'on aime se réfugier dans ses bras, demander des caresses comme aussi de l'amour ! Vous étiez si jeune ! On ne doit jamais perdre sa Maman ! C'est un drame affreux ! Et lorsque le Père fait figure de fantôme, la limite de l'horreur est atteinte, et votre sensibilité n'a pu surmonter de suite un tel chagrin! Pardonnez-moi, ami, d'avoir réveillé d'aussi tristes moments de votre enfance oh combien douloureuse, heureusement éclairée par l'amour constant et vigilent de votre chère Grand-mère, qui permit d'adoucir ce cruel vide de l'absence !
Veuillez trouver ici, cher Philippe, ma plus amicale et très sincère sympathie.
M.

Loïc le samedi 20 mai 2017, à 16:43
Bonjour Micheline,

N'ayant toujours aucune confirmation (malgré une demande) que vous recevez effectivement mes mails, je vous écris ici. Je suppose qu'il doit y avoir un problème avec l'envoi de mes mails depuis mon téléphone...

Il s'agit d'Alain, le mari d'Euphonie, et de ses posts vous concernant vous et Marc. Vous avez dû remarquer que Lola et moi n'avons rien fait. Pas d'inquiétude ; nous supposons juste qu'effacer cet homme aujourd'hui le fera juste revenir demain, et nous pensons donc que l'ignorer totalement est la meilleure stratégie ; nous en avons discuté.

Cependant. Une manière de nous assurer qu'il cesse d'importuner le site serait que vous accédiez simplement à sa requête et que vous effaciez les commentaires qui mentionnent Euphonie, sur le poème "Que Croyez-Vous". Il s'en ira et tout le monde sera tranquille.

Re-cependant !! vous êtes en droit de ne rien faire et nous ne vous en tiendrons aucune rigueur. Agressée chez vous, vous aviez droit au mécontentement. Donc mon message n'a aucune valeur d'ordre, soyez-en assurée.

C'est donc votre choix : ignorer cet homme ou accéder à sa demande. Surtout ne pas croiser le fer avec lui, sinon nous y serons encore dans un an.

Toujours mes amitiés Micheline,

Sincèrement, Loïc

(Et vous devriez effacer ce commentaire, bien entendu !!!!)




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