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POÈMES AJOUTÉS
LII
CE MONDE DU PASSÉ
Ce monde hélas perdu qui ne reviendra plus,
Ce doux temps de l’enfance ancré dans ma mémoire,
Quête de l’avant, recherche du temps perdu,
Bien enfui tout au loin, n’apportera d’espoir…
Je donnerai ma peau, mes os, ma chair,
Mes yeux, mon cœur, ma vie, pour me retrouver là,
Près de Vous, bienheureuse, afin de me blottir
Au sein de Vous, famille, à qui sans le savoir,
Redevable j'étais de l’air que j’inspirais,
De la beauté du ciel, la chaleur du soleil,
De tout ce bel amour qui s’était échangé
Pour qu’enfin j’apparaisse … Et depuis lors je souffre,
Souffre d’avoir perdu, sans que le gong ne sonne,
Tout ce qui fit ma vie, délestée aujourd’hui.
Ces émotions là, ces sentiments d’absence
Ne prennent place qu’au moment où tout finit.
Les joies et les bonheurs sont des pierres posées
Qui construisent un mur s’élevant avec nous.
Mais, l’édifice se fragilise aux chagrins.
Leurs périodicités attaquent la structure,
Et son intégrité se couvre de fissures.
Heureusement, des joies viennent à la rescousse,
Colmatant avec cœur l’ouvrage qui est vôtre.
Surviennent les décès qui endommagent tout,
Et des pleurs abondants ruiner tout le mortier,
Creusant ici et là des trous irréparables
Qui ont fait, patiemment, s’écrouler ce beau mur
Sur lequel vous vous y appuyiez, sans penser
Qu’il était votre socle et votre éternité.
Prose Alexandrine
Page 60
Cannes le 9 Juin 2015
M.A.B.M.
Droits Réservés.
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