|
POÈMES MÉLANCOLIQUES
VII
TRISTE RÉMINISCENCE
Dans le Mal Joli des douleurs,
Attendre encor, quand l’heure égrène
Toutes les couleurs de mes peurs,
Et l’angoisse que je réfrène…
Tu vins à l’aube de novembre,
Mon cœur ému s’en enchantait
Quand j’observais, dans la pénombre,
Ce doux enfant qui m’arrivait.
Au creux douillet du blanc berceau,
Tu es l’Ange qui me console.
Du voile tombant de l’anneau
Un papillon de nuit s’envole.
Je t’observais comme un trésor,
Mes yeux brillaient, joie d’opulence,
Lovée dans ton drap de tussor
Tu semblais toute évanescence.
Subjuguée jusqu’au tressaillir,
À mon regard vite on t’enlève,
Pour m’empêcher de défaillir,
Et m’apaiser dans un doux rêve.
À ce moment, jamais ne songe,
Qu’en grandissant tu me feras
Souffrir jusqu’au martyre et plonge
Ma peine dans un grand fatras.
Je n’imaginais pas l’entrain
Que tu mettrais à mon service,
Afin de me donner chagrin
Pour ton plaisir, si peu factice.
Plus tard tu te démèneras
En d’extravagantes colères
Ton verbe haut tu jetteras,
Paroles en tout délétères.
Aujourd’hui le constat est dur.
Aucun échange sous mon ciel,
Ensemble n’aurons de futur,
Bien que le passé fut de miel.
Ma vie s’engage en crépuscule,
Je songe au gouffre grandissant,
Dont le fond va s’élargissant,
Nous séparant sans un scrupule.
Je ne sais encor si je souffre,
Car ne me vient plus de sanglots.
Mes yeux même sont deux îlots
À sec, dans ce que fût leur gouffre.
Il est certain jour qui m’apporte
Une image tendre et fugace,
Qui tel un mirage s’efface,
Dans l’oubli qui seul réconforte !
Cannes le 11 Septembre 2015
Page 8
M.A.B.M
Droits Réservés
|