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POÈMES MÉLANCOLIQUES
XXI
RENOUVEAU
Âmes qui vous tenez tout au bord des abîmes,
Le Ciel ou bien l’Enfer vous attend, n’en doutez !
Il est des soirs d’Automne enluminés, sublimes,
Qui cachent leurs sanglots et vous disent : priez !
Regardez ce Soleil moribond qui s’enflamme,
Et souffre, m’en croyez, d’un chagrin lourd, puissant,
Pleurant larmes de sang ! C’est un bel oriflamme
Au bout de l’horizon, qui s'en va, déclinant
Vers la profonde Nuit, cette mort incertaine,
Qui bien engloutira Phébus aux rayons d’or
Dans la profonde abysse, une fosse pérenne,
Où Neptune s’emploie et fourbit son trésor.
Car demain, n’en doutez, renaîtront de la vague
Des rayons plus nombreux et ravivés d’or frais,
Qui brilleront alors, vous perçant mieux que dague,
Réchauffant la nichée haut perchée de l’effraie.
Je sais, me direz-vous, d’où vous vient ce langage ?
Pourquoi nous dites-vous ce qui se sait déjà ?
- C’est qu’il est opportun, voyez-vous, d’être sage,
De vivre le cœur pur et non point en goujat.
Cannes le 10 Décembre 2015
Page 23
M.A.B.M.
Droits Réservés.
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