Mélancolies

 

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Ce Doux Matin De Juillet

le dimanche 10 janvier 2016, à 04:41. Posté par Micheline


POÈMES MÉLANCOLIQUES


XXVIII


CE DOUX MATIN DE JUILLET


En ce tout premier jour d’un matin de juillet,
Je me souviens de ce doux moment merveilleux
Quand j’ouvris doucement les volets de la chambre
Sur l’espace enchanté de notre jardin clos,
Où les oiseaux joyeux sifflaient à perdre haleine,
M’envahissant le cœur d’une émotion charmante.

Comme il m’en souvient bien ! Le soleil scintillait,
L’air sentait bon le frais, le pur, le vrai bonheur,
Le Vésinet, pour nous, chantait le Paradis,
Et je me demandais combien d’autres matins
Nous seraient accordés d’aussi jolie manière.

Un superbe buisson de roses anciennes
Au ton si délicat de dragée de baptême,
Surprit, on ne peut mieux, mon œil et ma narine !
Un lilas sauvageon paraissait reverdir.
Et trois abricotiers promettaient des merveilles,
Comme trois cerisiers, que les merles gourmands
Pilleraient sans cesser de déjouer nos pièges,
Certainement peu sûrs, et qu’ils circonviendraient.

Un vieil houx argenté, tout piqueté de roux,
S’appuyait sur les vitraux du jardin d’hiver.
L’imposant cèdre bleu, aux branches en berceau,
Diffusait une note odorante et divine.
La glycine pleurait sous la longue marquise,
De lourds pétales bleus, aussi bleus que tes yeux.
En milieu de pelouse, un majestueux chêne
Étendait sa vaste ombre au-delà de ses branches,
Et les rhododendrons aux palettes de mauves,
Nous illuminaient l’œil et le cœur sans réserve.

Au pied d’un ancien mur de communs oubliés,
Un vigoureux bouquet d’acanthes verdoyait.
S'élevant en silence, et ne ménageant peine,
Il disputait l’espace aux teigneuses rhubarbes
Qui poussaient vers le ciel leurs tiges turgescentes.

Les jours coulaient heureux et nos cœurs s’enchantaient.
Aucune ombre au tableau, ni nuage en visite.
Je ne savais que je vivais mon plus doux rêve,
Alors que se cachait, en coulisse assassine,
L’inconcevable, qui, d’un trait détruirait tout !

Pressentir la désastreuse fatalité
Qui, las, nous sépareraient dans trente cinq mois ?
Ce cataclysme qui dévorerait Ta vie !
Comment en détecter l'importune imminence !
Ô malheur qui traçait le sillon d’infortune !

Il me faudra du temps, je le pense, et je sais,
Qu’après cette attente, mon heure aussi viendra…
J'ai connu le Printemps et grelotte d’Hiver,
Adoré les Étés sous des soleils fougueux,
Moi qui m’en fus allée aux confins d’Espérance,
Poser mes pauvres mains sur tes paumes glacées,
Te serrer dans mes bras, tenter de réchauffer
Ton corps roide d’où la vie s’en était allée…

Les volets ont été refermés pour longtemps.
Puis, d’autres mains les ont poussés sur ce jardin,
Qui lui, me restera très précieux encor.
Quelquefois j’y reviens en surfant sur Google.
Le chêne a disparu, comme Toi, à jamais !
Cependant j’y ai vu seaux et pelles d’enfants…
La vie a refleuri dans la chère maison,
Le Bonheur a repris la place dans ses murs.
Sûr qu'il ne pouvait en être tout autrement
Car nous nous y sommes aimés sincèrement.


Prose Alexandrine


M.A.B.M.
Cannes le 1er Janvier 2016

Pages 30 et 31
Droits Réservés.

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commentaires ( 7 ) (Ajouter un commentaire)
Philip (JARDIN DE LUNE) le dimanche 10 janvier 2016, à 11:41
Bonjour, bien chère Micheline. J'avais pris du retard à te/vous lire, entre les voyages incessant et le temps qui passe si vite.
Et je retrouve ici, toujours, cette écriture délicate, souvenirs du temps passé, décrit avec vie comme un vivant tableau. Je pense un peu à l'émotion que m'a toujours procuré Proust quand je le lis et relis.
Je connais bien Le Vésinet, puisque j'avais un ami à Croissy. Et puis, vos/tes visites sur Google me donnent l'idée de retrouver la rue Meynadier et le marché à Cannes et l'autre maison sur les hauteurs de Cannes-la-Bocca (près de la Croix des Gardes) où je vécus aussi enfant.
Pour revenir à ta/votre prose, le passage sur "les confins de l'Espérance" m'a beaucoup ému.
Je te/vous souhaite les meilleures choses au monde, Micheline, pour cette année qui commence. Amitiés bien sincères. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

Larose le dimanche 10 janvier 2016, à 18:01
Bonsoir Micheline que d'amour, que de tendresse, que de tristesse c'est beau, c'est émouvant, mais que votre plume fait mal au cœur, je vous souhaite tout le bonheur du monde ma tendre amie!
Marie!

Pierre le dimanche 10 janvier 2016, à 22:10
Je me suis enivré de ce magnifique
poème ! Amitiés, Pierre
( nous séparerait - moi qui sue -
seaux et pelles )

Micheline 1940 le lundi 11 janvier 2016, à 05:26
Bonsoir cher Philippe,
Combien tout ce temps me fût long ! Bien trop long ! Sur le Site, j'ai perdu mes repères et bientôt, je ne reconnaitrais presque plus personne ... Il me semble qu'une tornade est passée dans nos rangs, et que mes amis /es se sont évanouis ! J'ai comme le sentiment que vous-même n'êtes plus là aussi souvent, et cela me laisse tristement penser aux séparations ...
L' imperceptible éloignement, puis la disparition ! J'espère que cette année encore, nous garderons notre chère Larose, qui pendant un temps bien trop long à mon goût, s'est absentée Ah! Combien j'en fus triste ! Sa poésie est si belle, qu'elle manquerait bien trop douloureusement à nos sensibilités ! Je vous remercie d'être passé sur mes lignes avec beaucoup d'amitié. J'ai si peu de lecteurs depuis mon Post "Pour la Paix dans le Monde" et la polémique qui s'en suivit, que je me sens comme pestiférée, mise à l'écart, au point de n'avoir plus de motivation à participer... Vous savez, lorsque l'on se sent tout à coup déconsidéré, il est presque toujours, particulièrement difficile de se surmonter... Je vous remercie pour vos souhaits, et vous retourne les miens, très profondément amicaux. Que 2016 vous apporte une manne de beaux textes, de la sublime musique sous vos doigts, et d'ineffables œuvres d'art à admirer !
Bien à vous,
Micheline.

Micheline 1940 le lundi 11 janvier 2016, à 05:44
Bonsoir chère Marie,
Cela m'a fait bien chaud au cœur de vous avoir lue au bout de mon texte, et vous en comprendrez la cause et la raison de son intensité en lisant le com adressé à notre cher ami Philippe. Il est vrai que ma plume est bien triste, mais la joie si fragile chez moi, semble s'être délitée dans les deux derniers mois de la pauvre et défunte année 2015 qui vit tant de malheurs s'abattre sur la France.
Souhaitons à notre cher Pays ainsi qu'aux Français, tout le bonheur du monde, et à vous, chère Marie, mes souhaits les plus délicats et sincères.
Bien amicalement,
Micheline.

Micheline 1940 le lundi 11 janvier 2016, à 05:58
Bonsoir Pierre,
Merci de m'avoir signalé les fautes d'inattention qui faisaient de grosses tâches, mais à la relecture, je me suis de plus aperçue de lourdeurs avec mes " moi je " haïssables, et qui m'ont choquée ! Aussi, j'ai reformulé les deux vers ! Qu'en pensez-vous ?
Merci aussi d'être passé, Pierre, et de me faire connaître votre sentiment de plaisir au lu de ce texte.
Avec mes sincères amitiés,
Micheline.

Philip (JARDIN DE LUNE) le lundi 11 janvier 2016, à 11:32
Bien chère Micheline, j'ai bien compris les raisons de ton/votre désarroi, et je ne suis pas le seul.
Il faut reconnaître que ce que nous avons vécu ces dernières semaines ne nous fait pas voir les choses comme avant. C'est une souffrance, quand on a un peu d'humanité et il faut bien faire avec, et vivre.
Mais, surtout, surtout, chère Micheline, ne pense(z) pas que tu/vous avez été "déconsidéré". Le déshonneur qui peut frapper chacun est ailleurs. Pas chez toi/vous.
Mon absence n'a été due qu'à mes incessants voyages à droite et à gauche et à des retards dans les lectures et commentaires poétiques, parfois difficiles à rattraper. Mais tu/vous peux le voir, tous les ami(e)s sont fidèles au rendez-vous de tes/vos nouveaux poèmes.
Pour ce qui me concerne, il n'y aura pas d'imperceptible éloignement et de disparition ! Je te/vous souhaite une belle semaine, Micheline. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

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