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POÈMES MÉLANCOLIQUES
LVIII
AVANT QUE DE FINIR
Que me restera t-il encor à traverser
Avant que de finir cette vie délétère,
Qui vit l’effondrement d’un amour éphémère !
Combien me reste t-il de larmes à verser ?
J’ai passé des chemins qui m’ont fait arpenter
Cette plaine d’amour aux douceurs enchantées,
Quand nos deux cœurs épris, nos âmes envoûtées,
S’imprégnaient des bonheurs, des rêves d’enfanter…
Quand mon cœur frémissant battait à l’unisson
De ton cœur généreux s’offrant dans la tendresse,
Comme le clair soleil, de la moisson, caresse,
Les épis ondoyants de son puissant rayon,
Je m’émouvais toujours aux vols des passereaux,
Rêvais au frais ruisseau tremblant sous la ramée,
La Nature en beauté me laissait affamée
Des délicieux chants émouvants des oiseaux.
J’ai traversé le temps, confite aux purs bonheurs
D’une fillette toute ébouriffée d’ivresse !
Ô destinée étrange en appétits d’ogresse !
Je n’imaginais pas qu’ensuivraient les malheurs…
En pensée, aujourd’hui, j’arpente des chemins
Qui transportent mes pas sur des traces mythiques,
Splendides souvenirs, émotions antiques
Que je garde au secret sur de vieux parchemins.
La musique m’emporte et je m’envole au loin,
Mon œil gâche le ciel d’un fond d’impressionnisme,
Je vogue alors en plein, m’adonne au pointillisme,
Et plus rien ne me freine et ne veux de témoin.
Dans la belle campagne, en recherche d’espoir,
Je sais qu’il faudra bien adoucir mon attente,
Et je me pose là, tout près du mur en pente,
Pour réchauffer mes os, bercée de nonchaloir.
M.A.B.M.
Cannes le 18 Mai 2016
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