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LE CHANT DU CYGNE
I
UNE RIVE INCONNUE
M’était-il défendu
D’espérer à la brune ?
Je t’avais attendu !
L’ombre enjôlait la Lune…
Je t’ai entr’aperçu dans un parc mordoré,
Chargé de voile et gaze, évanescent d’aurore,
Et, comme un peu perdu, mais non point égaré.
Costumé, tu sortais d’un haut cadre où pléthore
De gentilshommes se pressaient. Grâce sublime,
Comme aux enchantés Temps de La Sérénissime.
Mes jambes fléchissaient,
J'avançais dans mes ombres.
À respirer, peinaient
Mes poumons en décombres…
Face à face et muets, nos yeux se rencontraient.
Chavirée, devant Toi je tremblais, malheureuse !
Toujours me traversant, tes pupilles fixaient
Une rive inconnue qui leur semblait joyeuse.
Intrigué par la Voie qui, devant Toi s’ouvrait,
Ton pas, sans balancer, loin de moi t’entraînait.
M.A.B.M.
Cannes le 3 Janvier 2017
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