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LE CHANT DU CYGNE
VII
LÉGENDE
J’ai gardé souvenir de la belle Légende
Qui s’évoque à la nuit, lorsque tous réunis,
Écoutant la tempête en rage qui transcende
Dans la bourrasque les soupirs aux longs ennuis
De nos marins noyés, perdus en mer d’Islande…
Gaillards forts et joyeux, débordant de courage,
Ils ont péri là bas au bout d’affreuses nuits,
Dans cette horrible mer, une experte en naufrages,
Maîtresse de leur rêve et qui ne fit de fruits,
Même sous d’autres cieux ou vers d’autres ancrages !
Ils n’en reviendront plus, ces hommes des misères,
Quémandant seulement le repos éternel.
Ils ont lutté pourtant contre les flots austères,
Suppliant pour cueillir un secours fraternel !
Écoutez-les gémir nos marins, pauvres hères…
Pour les porter dessous la terre consacrée,
Ils demandent qu’on leur préparât le linceul.
Quand la pierre bretonne enfin sur eux, scellée,
Ils s’y maintiendront là, car vraiment, pas un seul,
Ne pleurera la Mer, traîtresse révérée !
Couchés douillettement sous les fleurs d’azalée,
Ils s’en iront rêver vers d’autres Paradis,
Loin des flots rugissants, de la houle enroulée.
Ils partiront voguer, là haut, marins hardis,
Sur les nuages blancs, dans une barque ailée.
M.A.B.M.
Cannes le 18 Janvier 2017
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