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POÈMES AJOUTÉS
XLVII
UN RÊVE
C’est dans un écrin de verdure
Qu’un beau jour il me fut donné,
De découvrir sous la ramure
Une biche au faon tacheté.
Ses yeux sertis, bien maquillés
Avaient la douceur du velours,
Et ses naseaux, émerveillés,
Des fleurs en humaient les contours.
Sur l’herbe parée d’émeraude
Où voletait une fâcheuse,
Couchés flanc contre flanc, en fraude,
Ces deux là s’adoraient. Heureuse,
La biche regardait son faon,
Avec le très doux sentiment
De la mère à son jeune enfant,
D'amour, tendresse et dévouement.
Impressionnée par le silence
Il me semblait devenir marbre,
Mes pieds plongeant, telle semence,
Prenaient racines comme un arbre.
Je crus sentir à cet instant
Que Merlin, le vieil enchanté,
D’un geste, là, m’enracinant,
M’enfermait pour l'éternité.
M’en retournant sans faire bruit
J’ai humé l’humus du sous-bois,
Et pour ne me perdre à la nuit
Suivi le fier brame des rois.
Une fois, et je vous l'assure,
J'ai vu ce rêve sibyllin,
Sur mon front pousser la ramure
Comme au pied un sabot vilain.
Ma peau ressembler à la bête,
Mais n’en éprouvais de détresse,
Car à mon flanc, un faon en fête,
Auquel je prodiguais caresse.
M.A.B.M.
Page 54
Cannes le 21 Mai 2015
Droits Réservés.
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