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LATENCES
XXII
CIEL D’AFRIQUE
J’ai demeuré longtemps sur la terre d’Afrique
Où les cieux éblouis nous laissaient tout songeurs,
Où les superbes nuits aux voûtes mirifiques
N’ont trouvé de pareil à leurs dives splendeurs.
Du ciel, j’évoque ici sa profondeur intense,
Multitude innombrable en l’immense infini,
Et si vous descendez vers le sud, sa présence
Insondable s’impose en dôme indéfini…
Et couché sur le dos, les yeux pesants d’étoiles,
En levant simplement le doigt vous sentirez
Ce firmament subtil, scintillant, que dévoile
Un silence intriguant que vous sublimerez.
Vous entrerez alors en myriade brillante
Sans y croire un instant, et, sans même un élan,
Tournoierez sagement dans une ronde lente,
Inconsolé rêveur dans le vaste néant…
Oui ! Vous deviendrez l’un de ces astres pérennes
Gravitant tout autour d’autres astres tremblants,
Dans l’atroce lueur d’un bleu d’acétylène
Ne réchauffant plus l’âme et le cœur défaillants.
M.A.B.M.
Cannes, le 26 Décembre 2020
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