|
ÉLÉGIES
XLIII
À CE FABULEUX TEMPS
Il me semble parfois vaciller et je plonge
Au gouffre froid, sans fond, m’aspirant sans un pleur,
Pensées en tombereau me terrassant de peur,
Entrailles en tenaille, ô douleur qui me ronge…
Il me faudra long temps pour qu’enfin je repousse
L’oppressante terreur de l’infini labeur,
Ne m’épargnant le sang ni la froide sueur,
Me laissant affaiblie, sans espoir de rescousse.
Je me couvre de pleurs en songeant au passé,
À ce fabuleux temps protégeant le bonheur
Qui nous était donné, clair et beau, sans un heurt,
Et je me meurs, ami, d’un amour trépassé…
Du fulgurant élan qui me portait aux nues,
Puis-je espérer, encor, ce tout petit soupir
Qui me faisait me perdre en tes yeux de saphir,
Pour y trouver, toujours, nos âmes retenues ?
M.A.B.M.
Cannes, le 28 Décembre 2021
Page 50
Droits Réservés.
|