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LE CHANT DU CYGNE
X
T’APERCEVOIR
Me sera-t-il enfin donné d’apercevoir
Là bas, au bord du jour, ta silhouette étrange
Errer, indifférente aux vapeurs d’encensoir
Qu’exhale la campagne au bord du bois que frange
La vigne en sa parcelle, et qui dort son devoir ?
T’y reverrais-je aller te pencher, t’émouvoir,
Sur le pampre vivace et que ton œil louange ?
Sans croire, regarder l’oisillon au perchoir
D’un cep noir et noueux, qui donna soif à l’Ange ?
Viendras-tu boire enfin le sang du désespoir ?
Fugitives saisons, mais la vigne au pressoir
N’a pas démérité quand plus rien ne dérange
L’antique poussière et l’araignée du soir.
Bouteilles, toiles et cœurs ont fait bon échange,
Et les ans passeront, longtemps, sous le voussoir…
Ne serait-ce que pour me donner de l’espoir,
Viens me prendre la main, allons voir la mésange,
Puis, dans le chai, filons à la lueur du soir
Où nous procèderons au cher divin mélange
Qui nous enivrera, jusqu’à ne plus y voir !
M.A.B.M.
Cannes le 29 Janvier 2017
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