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CRÉPUSCULES
VIII
M’ENCHANTER DES RETOURS
Il m’est douleur d’entendre
La terre qui se meurt
Versant toujours son pleur
Sans jamais rien prétendre…
Elle subit pourtant
Des hommes les misères
Dont elle désespère
Jusqu’à l’épuisement…
Ses sols, ses belles eaux,
Toujours empoisonnés
Par d’avides damnés
Renouvelant vils baux
Aux engrais pollueurs
Appauvrissant la glèbe,
Et cela jusqu’à Thèbes
Et bien plus loin qu’ailleurs !
Chez nous, tout était beau !
Là-bas j’y puisais rêve
Toujours, comme sans trêve,
Et rien ne m’était maux.
Pourrais-je aux prochains jours
Boire à la claire source ?
Et sans délier bourse
M’enchanter des retours
Du bourdon, de l’abeille,
De nos charmants oiseaux ?
Des chemins en réseaux
Qui mènent à la treille,
Tracés par la fourmi
Dans son infinie tâche,
Sans la moindre relâche
Et n’œuvrant à demi ?
Ce rêve est-il tout proche
Et m’en contenterais-je ?
Je vois tomber la neige
Et mon Printemps décroche…
M.A.B.M
Cannes, le 3 Avril 2022
Pages 11 & 12
Droits Réservés.
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